Quand je vais dans ma classe, j’aime bien j’aime bien …

              Les instits auront reconnu dans ce titre celui d’une comptine largement répandue dans les classes de maternelle mais elle pourrait parfaitement s’adapter à ma classe de CP. Dans ma classe, ou plutôt dans notre classe puisqu’elle appartient autant aux élèves qu’à moi, il y a ce qu’on appelle commodément des « coins », c’est-à-dire des espaces qui ont une fonction spécifique.En voici quelques uns :

coin regroupement             Le premier qui est plutôt rare en élémentaire est dédié au regroupement : les élèves ne s’assoient pas (encore ? ) par terre autour d’une ellipse mais ils s’y retrouvent régulièrement pour compter le nombre de jours d’écoles, pour lire un album ou un documentaire ou bien pour participer aux conseils d’enfants hebdomadaires. Une fois par semaine, ou deux s’il s’est produit un évènement à traiter plus tôt, les élèves ont ainsi un temps pour discuter de l’ambiance de la classe et des projets à mener. Ils peuvent féliciter un camarade, critiquer un comportement inadapté et proposer individuellement ou collectivement des solutions pour améliorer la situation. C’est aussi l’occasion de lancer de nouvelles idées de projets comme celui concernant l’aménagement de notre coin nature.

coin sciences

       Comme vous pouvez le voir, il est bien rempli en ce moment. Il y a des puzzles de botanique et de zoologie car nous avons des poules dans l’école ainsi qu’un jardin. Il y a des poissons combattants dans des aquariums suite à la demande des élèves qui en ont eux-mêmes financé l’achat en vendant des crêpes fabriquées avec les oeufs de nos poules à la sortie de l’école. Il y a des lentilles et des noyaux d’avocat en train de germer, une plante « adulte » dont il faut prendre soin et des plantations dans les petits pots en tourbe de pois de senteur que nous observons régulièrement. Je dois avouer que c’est la première année que je donne une telle place aux sciences naturelles dans ma classe et c’est formidablement intéressant à dire vrai.

       Un autre coin est celui des ateliers autonomes. Pour le moment, je bricole un peu avec les moyens du bord pour proposer des activités adapté aux différents niveaux à la fois en lecture, en numération, en géométrie et en motricité fine mais le fonctionnement se rode peu à peu et j’ai dans l’espoir d’investir dans des meubles plus adaptés l’an prochain. C’est un espace très important car les élèves s’en sont saisis petit à petit et ils me réclament très souvent maintenant d’aller prendre un atelier pour s’entraîner seuls (il faut dire aussi qu’ils connaissaient déjà le fonctionnement des ateliers Montessori en maternelle sur des temps prédéfinis par contre alors que les miens sont libres à partir du moment où j’ai déclaré qu’ils avaient assez de temps pour faire une activité en autonomie).

meubles maths

atelier

                  J’ai aussi bien sûr  un système d’emploi du temps visuel, un baromètre sonore, un tableau des responsabilités et un affichage des sons. Cela est plus traditionnel mais je vous mets tout de même des photos pour visualiser la chose. Ils sont sans doute perfectibles mais ils sont utiles autant pour moi que pour eux pour le moment donc on les garde jusqu’à la prochaine idée lumineuse des enfants ou de moi-même. Beaucoup d’images viennent de blogs de collègues que je ne remercierai jamais assez de partager ainsi leur travail.

affichage tableau

métiers

affichage sons.jpg

Voilà, vous savez presque tout sur notre classe maintenant. La prochaine fois, je vous parlerai de notre jardin et de nos poulettes du coup. A bientôt chers lecteurs et n’hésitez pas à faire connaître le blog ou la page FB à vos contacts histoire de montrer que dans les écoles de quartier aussi les choses bougent pour le bénéfice des enfants !

 

 

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Insomnie mon amie

Bonjour, ou plutôt bonne nuit devrais-je dire puisque je rédige cet article à une heure avancée de la nuit. Pourquoi ne suis-je pas en train de me prélasser voluptueusement dans les bras de Morphée ? Parce que je suis insomniaque, tout simplement, et ce depuis ma première grossesse il y a six ans. Bien sûr comme pour tout il y a parfois des périodes d’accalmie. Je sais que si je me couche de bonne heure, vers 21H ou 21h30, je peux espérer dormir immédiatement et jusqu’à 1h sans me réveiller mais, comme j’ai très souvent de quoi m’occuper bien au-delà de ces heures (que ce soit pour la maison ou pour mon travail), je dépasse régulièrement la fenêtre de tir et je sais qu’une nuit compliquée m’attend alors. Aujourd’hui, par exemple, j’ai voulu faire ma maligne et j’ai travaillé fort tard à la préparation de mes ateliers auto-correctifs pour mes CP. Aussi, quand je suis allée me coucher vers 23h30, mon cerveau n’a pas compris qu’il devait arrêter de carburer pour se reposer un peu. J’avais pourtant pris le temps de lire un bon petit chapitre d’un livre passionnant mais pas trop, de me relaxer sous une douche bien chaude et de siroter une bonne infusion de verveine mais non, point de sommeil et me voilà à me relever vers 2h pour finir par écrire cet article en sirotant mon thé vert.

Au début de mes années d’insomnie, j’ai essayé de lutter en prenant des tas de pilules aux plantes qui ne fonctionnait pas. J’ai essayé les oligoéléments qui étaient efficaces mais trop chers car non remboursés et même, de manière ponctuelle, les fameux somnifères qui sont tant décriés mais qui aident bien lorsqu’on a pas fait une nuit correcte depuis fort longtemps et que l’on doit tout de même assurer au travail comme à la maison. Je testais et je râlais contre l’indifférence de mon médecin qui me traitait pour des épisodes de dépression à répétition mais qui ne me proposait rien pour m’aider à améliorer mon sommeil. J’étais également en colère contre les gens qui me jugeais en m’envoyant des « mais tu devrais dormir, ce n’est pas raisonnable tout çà » à la figure alors que c’était vraiment une situation subie et pas choisie. Et puis, un jour, il y a quelques années, j’ai décidé d’en tirer partie pour faire ce que je n’ai pas le temps de faire la journée. La nuit, quand mes enfants et mon mari dorment profondément, après avoir généralement dormi quelques heures, je pâtisse, je prends le temps de me bichonner, j’écris, bref je savoure ces heures de tranquillité volées au tourbillon du quotidien. Au bout d’une heure ou deux, je me recouche heureuse d’avoir pu faire tout cela et, très souvent, je me rendors quasi aussitôt. Depuis que j’ai adopté ce fonctionnement, je vis beaucoup mieux mes périodes d’insomnie mais j’en parle toujours peu car c’est encore un sujet tabou en France. Tout le monde y va de son bon conseil pour éviter les insomnies mais très peu de personnes sont réellement dans l’empathie et la bienveillance envers les personnes insomniaques. D’ailleurs on observe la même chose envers les mamans de bébés « insomniaques » mais la est un autre sujet…

L’insomnie, au bout de ces six années, n’est donc plus mon ennemie. C’est une compagne avec laquelle je chemine, bon an mal an, et que j’ai appris à apprivoiser. Sur ces quelques mots, je vous dis bonne nuit amis lecteurs et retourne au lit. A bientôt !

 

 

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Le dilemme du mois

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         Aujourd’hui, je vous parle dilemme ou déchirement moral comme vous préférez. Celui du moment dans notre foyer concerne la communication avec ceux qui, dans notre entourage, ne comprennent pas nos choix de vie. Ce sont des personnes proches du fait des liens du sang mais aussi assez éloignés en terme de valeurs en matière d’éducation. En cas de décès de nous deux, si l’on veut prendre un exemple un peu fort, pourrait-on leur confier la prunelle de nos yeux durablement et leur demander de prendre la relève ? Se poser la question est déjà un peu y répondre malheureusement…

     Alors en quoi consiste le dilemme si cette première question est déjà réglée ? Chaque année, chez nous comme dans beaucoup de familles que nous connaissons, les fêtes de fin d’année sont un moment pendant lequel on évite soigneusement les sujets qui fâchent. Les enfants sont là, ils ont les yeux qui brillent à l’idée des cadeaux et sont contents de retrouver leurs cousins/cousines si bien qu’en tant qu’adultes, et croyants de surcroît, nous nous efforçons de préserver la magie du moment. Noël se passe ainsi plutôt bien depuis quelques années mais nous nous posons la question de savoir si c’est une si bonne chose que de prendre sur soi tous les ans pour préserver les sensibilités de chacun. Ce n’est pas qu’on ne puisse pas s’entendre avec des gens différents (ma meilleure amie vote extrême gauche, et est donc profondément laïque, alors que je suis assez investie dans le catholicisme social) mais est-ce « tenable » à terme lorsqu’on sent qu’il y a un jugement en face et pas un respect mutuel de convictions différentes en matière d’éducation ou d’enjeux de société ?

      Lorsque j’étais enfant, on m’a appris à obéir aux personnes plus âgées que moi. On ne m’a pas expliqué pourquoi, c’était comme cela, et je remercie le ciel de ne pas être tombé sur un adulte tordu qui m’aurait demandé de faire des choses malsaines car je suis sûre que je n’aurais pas remis en cause sa demande tellement j’étais soucieuse de bien faire et de plaire aux adultes. Une fois adulte, j’ai eu beaucoup de mal à me défaire de cette éducation sans explication. Dans le monde professionnel, j’ai ainsi eu des supérieurs plus âgés que moi avec qui j’étais en tension car je savais que leur manière d’enseigner n’était pas forcément si irréprochable qu’ils voulaient le faire croire mais je n’osais pas leur démontrer pourquoi (la seule fois où je l’ai fait en début de carrière, la directrice narcissique que certains reconnaîtront m’a dit explicitement que c’était moi le problème car je communiquais trop -avec les parents de mes élèves, les autres collègues, les ATSEM- et j’ai fini en arrêt maladie du coup). Bref, s’affirmer face à quelqu’un de plus vieux fut pour moi un apprentissage douloureux qui m’aura pris une bonne dizaine d’année avec pas mal de souffrances pour compagnons de route. Si je le peux, j’aimerais éviter cela à mes enfants et c’est pour cela que je leur explique beaucoup le pourquoi du comment ce qui déplaît souvent. Bien sûr qu’il faut respecter les adultes car ils ont plus d’expérience de la vie et ils veulent souvent aider les enfants à grandir correctement en leur apprenant les codes de la société, mais cela ne dispense pas de former les enfants à utiliser leur esprit critique en se demandant si ce que leur demande de faire le monsieur ou la madame est une bonne chose ou pas (pas pour tout, évidemment, ce serait épuisant de réflexion). Pour moi, c’est un apprentissage important non pas pour en faire de futurs rebelles mais pour qu’ils grandissent en développant des outils pour réfléchir avant d’agir. Dans notre monde actuel, qui n’est ni celui des bisounours ni pire que celui qu’ont connu les générations précédentes, cela me paraît prioritaire. Mais je dévie…

         Notre dilemme est donc celui-ci : doit-on prendre sur nous pour préserver les liens familiaux ou bien prendre le large en se voyant le moins possible pour ménager l’ensemble des susceptibilités ? Nous sommes partagés entre les deux car nous aimerions continuer à nous affirmer mais nous avons expérimenté que cela n’est pas forcément bien compris et le conflit ouvert n’est pas non plus, selon nous, une bonne solution pour nos enfants. Parmi notre cercle d’amis, tous ont choisi l’une ou l’autre de ces options ce qui a parfois conduit à des situations comiques comme l’élaboration d’un bingo des remarques désagréables en matière d’éducation entendues pendant les fêtes (mieux vaut en rire même si c’est un rire un peu jaune). Pour le moment, nous n’avons pas encore tranché la question car une rupture totale des liens familiaux nous semble assez violente pour tout le monde mais la question est franchement débattue à la maison.

      Et vous, avez-vous eu ce genre de dilemme à gérer et qu’avez-vous décider ?

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Des associations qui assurent !

En ce tout début de nouvelle année, j’ai remarqué que je ne vous avais jamais parlé des associations incontournables lorsqu’on est une jeune maman en recherche de soutien. Au cours de mon parcours, j’en ai croisé plusieurs qui méritent d’être connues surtout lorsqu’on attend son premier enfant.

La première à laquelle je pense est lyonnaise et a déménagé il y a quelques mois déjà à Villeurbanne. Il s’agit de La Maison de la Parentalité et de la Naissance aussi appelée la Cause des Parents et qui propose de multiples activités à destination des parents/futurs parents/enfants. Personnellement, je connais surtout leurs conférences, les tentes rouges à destination des femmes et les ateliers bébés signes mais il y aussi des ateliers « cultiver la bienveillance envers soi-même », « à la découverte de l’homéopathie » ou encore « musique en famille » qui ont l’air très très bien. Leur site internet est très complet et se trouve ici (clic).

Dans un deuxième temps, j’hésite entre deux associations qui proposent toutes les deux un soutien aux mamans allaitantes : Galactée et la Leche League. Après la naissance de mon aînée qui ne savait pas téter, je ne connaissais aucune des deux et j’ai suivie naïvement les conseils de la puéricultrice de la PMI qui m’avait conseillé « pour moins stresser » d’arrêter net l’allaitement. Pour mon second, comme je rêvais d’un allaitement serein, j’ai participé aux réunions de chacune de ces associations et cela m’a bien soutenu à la fois dans mon projet avant la naissance et dans sa mise en œuvre par la suite. Les deux disposent de relais locaux composés de mamans bénévoles qui partagent leur expérience ce qui permet de trouver facilement, toujours via leur site internet (clic et clac) une réunion assez proche de son domicile.

Enfin, et toujours par ordre de priorité, je citerai l’association Maman Blues qui œuvre en soutien à la difficulté maternelle. Par ce terme, on entend tout ce que peut ressentir de difficile et perturbant une jeune maman qui découvre avec son enfant que la réalité est souvent plus complexe que ce qu’on avait imaginé avant. Je connais surtout leurs groupes de paroles ainsi que leur site internet (ici) pour dire vrai mais je suis régulièrement leurs actualités car je trouve qu’ils proposent une alternative importante au discours de la société actuelle qui voudrait qu’être maman soit facile et naturel.

Il y aurait encore d’autres partenaires à citer comme les monitrices de portage qui sont aussi pleines de bons conseils, les doulas ou encore le magasin Symbioza mais je ne peux pas tous les répertorier dans un article d’une page. Je vous laisse donc sur votre faim mais je referai peut-être un autre article sur le sujet qui sait…

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9 mois après, me revoilà !

Bonjour ami lecteur,

je t’ai un peu délaissé ces derniers mois et te prie de bien vouloir m’excuser. En effet, entre la reprise du travail à 80%, mon changement de niveau de classe de CE2 à CP qui a entraîné pas mal de préparations en soirée et bien sûr les multiples casquettes inhérentes à la fonction de maman, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour écrire ici. A l’heure d’aujourd’hui, je n’ai pas -encore- trouvé l’organisation parfaite pour pouvoir prétendre au titre de super-maman qu’illustre l’image ci-dessous (il me manque « maman fiesta, maman coquette, maman tricot et maman thalasso ») mais j’ai inscrit la reprise de ce blog parmi mes priorités pour 2017 donc je prends un peu d’avance aujourd’hui.

super-mamanSource : luckysophie.over-blog.com

Que s’est-il donc passé chez nous pendant ce long laps de temps ? Je vous vois venir, 9 mois, c’est pile-poil le temps nécessaire à la formation d’un petit bébé 3. Et bien non, pas de scoop de ce côté-là même si je vous avoue que c’est un sujet qui me taraude beaucoup l’esprit en ce moment. Ne plus avoir de bébés alors que j’ai 34 ans, cela me laisserait un sentiment d’inachevé donc à voir quand petit Quentin sera un peu plus grand. Du côté du travail, je redécouvre avec émerveillement cette classe si particulière qu’est le CP. Les enfants sont vraiment demandeurs à cet âge si bien que, malgré tout ce que je reproche à l’institution, je m’émerveille aussi devant leurs réactions et leurs progrès -et ce d’autant plus qu’une bonne moitié de la classe est entrée dans la lecture maintenant. Je me rends compte que travailler avec ce niveau aura vraiment été une chance pour moi qui suis souvent à cheval entre le ludique et le formel. Bien sûr j’ai encore plein de choses à améliorer pour être aussi une meilleure « maikresse » mais j’y travaille.

Du côté des enfants -les miens cette fois 😉 -, ils grandissent chacun à leur rythme. Solène a fêté ses 5 ans en septembre et a invité il y a peu pour la première fois une copine à dormir à la maison (sa cousine en l’occurence). Elle me ressemble toujours beaucoup d’après nos proches ce qui est à la fois drôle et déconcertant parfois : elle a par exemple hérité de mon caractère boudeur ce qui m’amuse car je comprends sa réelle frustration mais qui m’exaspère aussi en tant que maman pressée qui n’a pas toujours le temps d’attendre que Mademoiselle soit dans de meilleures dispositions. Quentin est quant a lui toujours un « bébé sourire ». A 20 mois, il a déjà un fort petit caractère et sait très bien nous montrer son mécontentement quand nous ne sommes pas d’accord avec lui mais c’est aussi une bonne pâte qui s’adapte facilement aux nouvelles situations. Sa soeur et lui se chamaillent certes beaucoup car l’un a tendance a fortement vouloir empiéter sur le territoire de l’autre mais ils se calinent aussi régulièrement pour notre plus grande fierté.

Du côté de l’ours enfin, nous avons connu quelques moments difficiles suite au déménagement de son travail de la verdoyante campagne du Beaujolais à la cour bétonnée du nouvel établissement qui se situe juste à côté de mon école (je n’exagère pas, nos lieux de travail sont mitoyens maintenant !). Il y a eu aussi quelques ajustements nécessaires suite au passage de un à deux enfants mais, dans l’ensemble, nous avons toujours envie d’évoluer ensemble sur le même chemin qu’il soit lisse et large comme un grand boulevard ou sinueux et escarpé comme cela arrive inévitablement à certains moments de la vie.

Bref, tout va bien et sur ces bonnes paroles je vous souhaite à tous de passer d’excellents fêtes de Noël : profitez-en pour dire à vos proches combien vous les aimez et réjouissez-vous avec eux. A bientôt !

 

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Un défi un écrit #11 : ferme les yeux

Cette semaine, le thème de l’écrit proposé par Agoyae est assez mystérieux puisqu’il s’intitule « ferme les yeux ». A tort ou à raison, je l’entends comme une invitation bienveillante à arrêter le tourbillon souvent effréné de nos occupations quotidiennes pour me poser un moment. Je me suis donc installée confortablement sur mon fauteuil de bureau, les pieds en éventail pour une fois, et je me suis mise à écouter ce qui se passait autour de moi puis en moi.

Dans un premier temps, je n’ai entendu que le ronron mécanique de l’ordinateur qui est un peu vieux et fatigué. Puis, en me concentrant, j’ai noté les chants joyeux des oiseaux qui nichent dans les arbres en face de notre résidence, les cris des enfants dans la cour de l’école qui n’est pas bien loin et le bruit de la circulation encore plus loin. Comme je le fait d’habitude avec mes élèves lors des ateliers de relaxation, j’ai fixé ensuite mon esprit sur ma respiration en visualisant tout à tour chacune des parties de mon corps. Je me suis ainsi détendue peu à peu et j’ai « observé » avec bienveillance les pensées qui me traversaient qu’elles soient positives ou non. Pour finir, j’ai repensé à un endroit qui m’est cher qui se situe en pleine nature et à ceux que j’aime. C’est en fait mon lieu d’ancrage qui me permet de me ressourcer et dans lequel je peux me réfugier pour faire le plein de bonnes ondes. Voilà, j’ai ensuite ré-ouvert les yeux et je me suis rendue compte que j’étais bien plus sereine pour continuer ma journée. Merci donc à Agoyae pour ce beau moment « suspendu » en cette journée ensoleillée mais bien chargée aussi.

Pour vous aider à fermer les yeux à votre tour, je vous laisse avec un joli texte qui est affiché au-dessus de mon bureau pour contrer les moments de découragement :

poésie

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Calme et attentif comme une grenouille

La grenouille… dans mon imaginaire personnel, ce petit animal vert et gluant était loin d’être prédestiné à devenir la mascotte d’une méthode de relaxation pour les enfants. Je le considérais plutôt comme le spécialiste des bonds en tous genres, toujours en train de faire la brasse dans sa petite mare ou à l’affût de la moindre petite mouche passant par là pour la gober. Bref, tout sauf un être tranquille. Le qualifier d’attentif en plus, cela m’a laissé fort perplexe quand j’ai lu le titre de ce livre mais, comme j’aime les accroches qui remettent en cause les idées reçues, je suis allée au-delà de mes préjugés.

9782352041917           Dès la couverture, l’auteur annonce proposer des exercices de méditation « pour les enfants avec leurs parents ». En s’inspirant de la pratique de la pleine conscience, elle a ainsi construit des exercices de respiration simples qui aident peu à peu l’enfant à se recentrer sur l’instant présent et à prendre du recul par rapport aux émotions qui peuvent le traverser. Bien sûr, j’étais déjà sensibilisée à ces questions de part mes lectures liées au maternage : Isabelle Filliozat, le Dr Guéguen ou encore Aletha Solter ont beaucoup écrit sur ces émotions qui bouleversent profondément nos enfants. A leur âge, ils ne savent pas toujours les exprimer et, quand c’est le cas, c’est souvent avec violence si bien qu’on se retrouve parfois démunis en tant qu’adulte devant leur état. Les exercices proposés par Eline Snel s’inspirent directement de la pleine conscience et sont, grâce au support CD qui les accompagne, plutôt faciles à mettre en oeuvre au quotidien.

Pour les parents, je pense qu’on peut arriver à ritualiser les temps de méditation pour aider l’enfant à prendre « de bons réflexes » face aux émotions qui peuvent l’agiter. Pour les enseignants, on peut aussi s’en servir dans le cadre de l’éducation morale et civique qui consacre désormais tout un item à la reconnaissance et à la gestion de la sensibilité sous le titre Soi et les autres : les émotions. C’est d’ailleurs dans cette perspective que je vais personnellement utiliser cet ouvrage dans ma classe à partir de la rentrée des vacances en espérant que mes élèves arrivent mieux à vivre avec eux-mêmes d’une part, et avec les autres, d’autre part. Je vais coupler ces exercices avec des extraits du film vice-versa, des jeux de mimes et des jeux de rôles pour leur permettre de prendre du recul sur ce qu’ils ressentent au quotidien, comment cela peut s’exprimer et, surtout, que faire pour arriver à retrouver un certain calme après les moments de forte agitation. Je vous ferai sûrement un petit bilan au bout de quelques semaines de pratique pour vous dire les résultats sur l’ambiance de ma classe, sur l’épanouissement des élèves et l’évolution de leurs capacités d’attention. Officiellement, ce sont les trois objectifs que je vise avec mes grands CE2 mais je pense qu’on peut utiliser cette méthode avec des enfants de 4 à 10 ans et ce d’autant plus que le CD propose parfois des versions adaptées à l’âge des enfants. Pour conclure, je vous mets en lien une petite vidéo de la première méditation pour que vous puissiez tester à la maison et vous faire votre propre avis. Bonne écoute !

 

 

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