Le dilemme du mois

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         Aujourd’hui, je vous parle dilemme ou déchirement moral comme vous préférez. Celui du moment dans notre foyer concerne la communication avec ceux qui, dans notre entourage, ne comprennent pas nos choix de vie. Ce sont des personnes proches du fait des liens du sang mais aussi assez éloignés en terme de valeurs en matière d’éducation. En cas de décès de nous deux, si l’on veut prendre un exemple un peu fort, pourrait-on leur confier la prunelle de nos yeux durablement et leur demander de prendre la relève ? Se poser la question est déjà un peu y répondre malheureusement…

     Alors en quoi consiste le dilemme si cette première question est déjà réglée ? Chaque année, chez nous comme dans beaucoup de familles que nous connaissons, les fêtes de fin d’année sont un moment pendant lequel on évite soigneusement les sujets qui fâchent. Les enfants sont là, ils ont les yeux qui brillent à l’idée des cadeaux et sont contents de retrouver leurs cousins/cousines si bien qu’en tant qu’adultes, et croyants de surcroît, nous nous efforçons de préserver la magie du moment. Noël se passe ainsi plutôt bien depuis quelques années mais nous nous posons la question de savoir si c’est une si bonne chose que de prendre sur soi tous les ans pour préserver les sensibilités de chacun. Ce n’est pas qu’on ne puisse pas s’entendre avec des gens différents (ma meilleure amie vote extrême gauche, et est donc profondément laïque, alors que je suis assez investie dans le catholicisme social) mais est-ce « tenable » à terme lorsqu’on sent qu’il y a un jugement en face et pas un respect mutuel de convictions différentes en matière d’éducation ou d’enjeux de société ?

      Lorsque j’étais enfant, on m’a appris à obéir aux personnes plus âgées que moi. On ne m’a pas expliqué pourquoi, c’était comme cela, et je remercie le ciel de ne pas être tombé sur un adulte tordu qui m’aurait demandé de faire des choses malsaines car je suis sûre que je n’aurais pas remis en cause sa demande tellement j’étais soucieuse de bien faire et de plaire aux adultes. Une fois adulte, j’ai eu beaucoup de mal à me défaire de cette éducation sans explication. Dans le monde professionnel, j’ai ainsi eu des supérieurs plus âgés que moi avec qui j’étais en tension car je savais que leur manière d’enseigner n’était pas forcément si irréprochable qu’ils voulaient le faire croire mais je n’osais pas leur démontrer pourquoi (la seule fois où je l’ai fait en début de carrière, la directrice narcissique que certains reconnaîtront m’a dit explicitement que c’était moi le problème car je communiquais trop -avec les parents de mes élèves, les autres collègues, les ATSEM- et j’ai fini en arrêt maladie du coup). Bref, s’affirmer face à quelqu’un de plus vieux fut pour moi un apprentissage douloureux qui m’aura pris une bonne dizaine d’année avec pas mal de souffrances pour compagnons de route. Si je le peux, j’aimerais éviter cela à mes enfants et c’est pour cela que je leur explique beaucoup le pourquoi du comment ce qui déplaît souvent. Bien sûr qu’il faut respecter les adultes car ils ont plus d’expérience de la vie et ils veulent souvent aider les enfants à grandir correctement en leur apprenant les codes de la société, mais cela ne dispense pas de former les enfants à utiliser leur esprit critique en se demandant si ce que leur demande de faire le monsieur ou la madame est une bonne chose ou pas (pas pour tout, évidemment, ce serait épuisant de réflexion). Pour moi, c’est un apprentissage important non pas pour en faire de futurs rebelles mais pour qu’ils grandissent en développant des outils pour réfléchir avant d’agir. Dans notre monde actuel, qui n’est ni celui des bisounours ni pire que celui qu’ont connu les générations précédentes, cela me paraît prioritaire. Mais je dévie…

         Notre dilemme est donc celui-ci : doit-on prendre sur nous pour préserver les liens familiaux ou bien prendre le large en se voyant le moins possible pour ménager l’ensemble des susceptibilités ? Nous sommes partagés entre les deux car nous aimerions continuer à nous affirmer mais nous avons expérimenté que cela n’est pas forcément bien compris et le conflit ouvert n’est pas non plus, selon nous, une bonne solution pour nos enfants. Parmi notre cercle d’amis, tous ont choisi l’une ou l’autre de ces options ce qui a parfois conduit à des situations comiques comme l’élaboration d’un bingo des remarques désagréables en matière d’éducation entendues pendant les fêtes (mieux vaut en rire même si c’est un rire un peu jaune). Pour le moment, nous n’avons pas encore tranché la question car une rupture totale des liens familiaux nous semble assez violente pour tout le monde mais la question est franchement débattue à la maison.

      Et vous, avez-vous eu ce genre de dilemme à gérer et qu’avez-vous décider ?

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