Insomnie mon amie

Bonjour, ou plutôt bonne nuit devrais-je dire puisque je rédige cet article à une heure avancée de la nuit. Pourquoi ne suis-je pas en train de me prélasser voluptueusement dans les bras de Morphée ? Parce que je suis insomniaque, tout simplement, et ce depuis ma première grossesse il y a six ans. Bien sûr comme pour tout il y a parfois des périodes d’accalmie. Je sais que si je me couche de bonne heure, vers 21H ou 21h30, je peux espérer dormir immédiatement et jusqu’à 1h sans me réveiller mais, comme j’ai très souvent de quoi m’occuper bien au-delà de ces heures (que ce soit pour la maison ou pour mon travail), je dépasse régulièrement la fenêtre de tir et je sais qu’une nuit compliquée m’attend alors. Aujourd’hui, par exemple, j’ai voulu faire ma maligne et j’ai travaillé fort tard à la préparation de mes ateliers auto-correctifs pour mes CP. Aussi, quand je suis allée me coucher vers 23h30, mon cerveau n’a pas compris qu’il devait arrêter de carburer pour se reposer un peu. J’avais pourtant pris le temps de lire un bon petit chapitre d’un livre passionnant mais pas trop, de me relaxer sous une douche bien chaude et de siroter une bonne infusion de verveine mais non, point de sommeil et me voilà à me relever vers 2h pour finir par écrire cet article en sirotant mon thé vert.

Au début de mes années d’insomnie, j’ai essayé de lutter en prenant des tas de pilules aux plantes qui ne fonctionnait pas. J’ai essayé les oligoéléments qui étaient efficaces mais trop chers car non remboursés et même, de manière ponctuelle, les fameux somnifères qui sont tant décriés mais qui aident bien lorsqu’on a pas fait une nuit correcte depuis fort longtemps et que l’on doit tout de même assurer au travail comme à la maison. Je testais et je râlais contre l’indifférence de mon médecin qui me traitait pour des épisodes de dépression à répétition mais qui ne me proposait rien pour m’aider à améliorer mon sommeil. J’étais également en colère contre les gens qui me jugeais en m’envoyant des « mais tu devrais dormir, ce n’est pas raisonnable tout çà » à la figure alors que c’était vraiment une situation subie et pas choisie. Et puis, un jour, il y a quelques années, j’ai décidé d’en tirer partie pour faire ce que je n’ai pas le temps de faire la journée. La nuit, quand mes enfants et mon mari dorment profondément, après avoir généralement dormi quelques heures, je pâtisse, je prends le temps de me bichonner, j’écris, bref je savoure ces heures de tranquillité volées au tourbillon du quotidien. Au bout d’une heure ou deux, je me recouche heureuse d’avoir pu faire tout cela et, très souvent, je me rendors quasi aussitôt. Depuis que j’ai adopté ce fonctionnement, je vis beaucoup mieux mes périodes d’insomnie mais j’en parle toujours peu car c’est encore un sujet tabou en France. Tout le monde y va de son bon conseil pour éviter les insomnies mais très peu de personnes sont réellement dans l’empathie et la bienveillance envers les personnes insomniaques. D’ailleurs on observe la même chose envers les mamans de bébés « insomniaques » mais la est un autre sujet…

L’insomnie, au bout de ces six années, n’est donc plus mon ennemie. C’est une compagne avec laquelle je chemine, bon an mal an, et que j’ai appris à apprivoiser. Sur ces quelques mots, je vous dis bonne nuit amis lecteurs et retourne au lit. A bientôt !

 

 

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