« Coming back »

         Écrire un article après plusieurs mois de silence sur un blog n’est pas une chose aisée. D’un côté, je souhaite redonner à mes lecteurs l’envie de me lire en publiant quelque chose de percutant, d’intéressant et de drôle tant qu’à faire. De l’autre, je n’ai comme matériau brut que ma petite vie et, ces derniers temps, elle a été marqué par de nombreux changements qui peuvent paraître bien banals.  Pourtant, ils m’ont profondément troublés alors je me dis qu’il peut être utile de les partager avec vous.

          Cet été, nous sommes déjà devenus propriétaires d’une jolie maison toujours dans l’ouest lyonnais. Elle est spacieuse, avec un grand jardin plein d’arbres fruitiers, et plutôt fonctionnelle. Les enfants apprécient de pouvoir se défouler dehors, mon mari s’éclate à tailler les haies et à tondre la pelouse et j’ai pour ma part une belle bibliothèque faite sur mesure pour abriter mes livres de pédagogie et autres. Pourtant, le changement a été assez rude pour moi. Je m’aperçois je n’ai pas forcément besoin d’un si grand espace pour vivre et qu’au contraire, cela me culpabilise même un peu par rapport à mes idées minimalistes et pragmatiques. Cela commence à s’atténuer au fur et à mesure que je personnalise les différents espaces mais il n’ai pas non plus exclus si ce sentiment perdure que nous revenions à une habitation de taille plus raisonnable quand les enfants auront grandis et quitter la maison (cela me laisse du temps pour m’adapter me direz-vous).

        Autre changement, mon mari et moi nous occupons beaucoup de l’accompagnement de mes grands-parents depuis la rentrée. Ils étaient relativement autonomes jusqu’en septembre mais la situation s’est dégradée. Après plusieurs hospitalisations de ma grand-mère, il a bien fallu se rendre  l’évidence qu’elle ne pouvait plus vivre chez elle et commencer à démarcher les maisons de retraite. J’ai découvert alors à quel point cela relevait du parcours du combattant dans notre pays et la solitude que pouvait ressentir les personnes et leurs proches pris entre les hôpitaux qui ne peuvent pas garder les patients et les maisons de retraite dans lesquelles il n’y a bien souvent pas de places mais des listes d’attente longues comme le bras. Je m’en doutais mais constater de visu la détresse de mes grands-parents, maintenant qu’ils sont presque complètement dépendants d’autres personnes alors qu’ils ne sont pas séniles pour autant, m’a profondément marqué.

         Enfin, la rentrée a été synonyme dans mon école de fermeture de classe une semaine après la rentrée faute d’effectifs suffisants. Cela est fréquent dans l’éducation nationale, où l’on respecte les seuils à la lettre, mais j’ai été choquée par le mépris humain avec lequel on nous a traité : ma collègue informée par mail de sa fermeture de classe seulement trois jours avant que cela soit effectif et nommée ailleurs alors qu’elle a 2 enfants en bas âge, ma directrice rappelée à l’ordre par l’inspecteur d’académie parce qu’on ne doit pas « faire collusion avec les parents pour remettre en cause une discussion de sa hiérarchie », et une autre collègue priée de « retourner dans sa classe » comme une bonne fonctionnaire docile et obéissante. Nous avons certes un devoir de réserve mais nous ne sommes pas des pions non plus que je sache. Du côté de nos élèves, devoir leur faire changer d’enseignant voire de classe une semaine après la rentrée a aussi été un crève cœur (car cela a bien sûr impacté tout les niveaux), surtout qu’ils se retrouvent plus nombreux par classe maintenant alors que les médias communiquent à tout venant sur les CP à 22 (ils ne s’appliquent, rappelons-le, qu’en REP). C’est l’école publique, me direz-vous, mais justement : c’est écœurant de la part de ceux qui sont censés exercer un service publique (et bien sûr cela se passe dans une école socialement défavorisée et pas dans une banlieue chic). Je comprends maintenant pourquoi tant de collègues quitte le navire et vont enseigner dans d’autres écoles, notamment Montessori ou démocratiques. Personnellement, je ne suis pas prête à sauter ce pas car j’aime l’idée de faire découvrir ces pédagogies à des familles qui n’ont pas les moyens financiers d’accéder à de telles écoles mais j’avoue avoir douté ces derniers mois.

         Voilà, j’arrive au terme de cet article éminemment personnel mais j’avais besoin d’écrire sur les causes de ma disparition des réseaux sociaux ces derniers temps. En espérant ne pas vous avoir ennuyé, bonne journée.

 

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