Quels livres proposés aux tout-petits ?

Pour répondre à cette grande question que beaucoup de parents se posent à la naissance de leur premier petit bout, je ne vous ferai pas un cours rigide et bien transmissif qui vous assommera de références et videra votre porte-monnaie. Non, l’idée est plutôt de vous faire partager la démarche que nous avons adopter avec mini-nous et de lire vos témoignages pour s’en enrichir mutuellement.

Dans un premier temps, il faut savoir que j’étais déjà « accro » aux livres et plus particulièrement aux livres jeunesse avant même la naissance de notre mini-tornade préférée. Ayant suivie des études littéraires (Hypokhâgne et Khâgne puis un Master d’Histoire de l’écrit et de l’image en partenariat avec l’ENSSIB) et étant finalement devenue enseignante soit en maternelle soit en primaire, je manipule des livres de jeunesse au quotidien et essaye de suivre l’actualité des publications. Ainsi, j’ai les chouchous comme M. Morpurgo, M.-C. Murat ou encore l’auteur de Tobie Lolness pour les plus grands, mais j’ai aussi beaucoup tâtonné pour ma petite car, en ce qui concerne les moins de 3 ans, j’étais complètement novice à la naissance de ma fille.

bébé_lecteurPendant ses premiers mois de vie, nous avons  voulu qu’elle s’approprie l’objet livre. Nous lui avons donc proposer régulièrement de regarder/toucher/secouer/mordiller des livres à toucher en tissu ou en carton. Elle avait aussi des livres hochets et des livres marionnettes dans lesquelles on insérait un doigt pour faire bouger un petit personnage… Parallèlement, nous lui lisions ces ouvrages en commentant les images avec des expressions et des intonations exagérées pour que cela l’intéresse. Autour de ces 9 mois/1 an, comme sa capacité d’attention avait augmenté, nous avons commencé à l’emmener à la bibliothèque de notre ville pour qu’elle voit des livres « en bac » et prenne de bonnes habitude de lecture (le livre sur les genoux, ne plus les manger et ne pas courir partout dans la bibliothèque, ne pas les reposer n’importe où).

Avec elle, nous choisissions des livres pour la semaine et, tous les soirs, nous nous sommes mis à lire des histoires (aujourd’hui encore cela demeure notre rituel du coucher préféré). Parmi les grands classiques jusqu’à aujourd’hui, je retiendrai, par ordre croissant de difficulté, les titres suivants :
Beaucoup de beaux bébés de David Ellwand (http://www.decitre.fr/livres/beaucoup-de-beaux-bebes-9782211094498.html). Il s’agit d’un imagier en noir et blanc des bébés qui joue sur le contraste tout nu/habillé et qui, tout en étant simple, contient beaucoup de détails à regarder.
Lou et Mouf : l’heure du bain de Jeann Ashbé (http://www.decitre.fr/livres/lou-et-mouf-l-heure-du-bain-9782211070584.html). Je connaissais déjà l’auteur pour avoir travaillé avec mes TPS-PS sur Et dedans il y a lors de ma grossesse mais toute la collection « Lou est Mouf », qui met en scène un bébé et son doudou, est superbe.
Petit poisson devient grand (http://www.decitre.fr/livres/petit-poisson-blanc-devient-grand-9782871428084.html). Là encore, je me suis inspiré de mon expérience de maîtresse car j’avais remarqué que les plus petits aiment beaucoup les illustrations contrastées et en à plat. En plus, il s’agit là-encore d’une collection donc, on a pu suivre les aventures de petit poisson pendant un certain temps à la maison.
Bonne nuit, petit monstre vert aux Ed Emberley (http://www.decitre.fr/livres/bonne-nuit-petit-monstre-vert-9782877677820.html). Sur le thème du coucher et moins effrayant que la version pour les plus grands.
1, 2, 3 Qui est là ? de Sabine De Greef (http://www.decitre.fr/livres/1-2-3-qui-est-la-9782211071420.html). Plus compliqué que les précédent, ce livre joue sur la répétition de la phrase « 1 2 3 qui est là ? » et l’enfant est donc embarqué dans une vraie partie de cache cache au fil des pages.
Je t’aimerai toujours, quoiqu’il arrive … de Debi Gliori (http://www.decitre.fr/livres/je-t-aimerai-toujours-quoi-qu-il-arrive-9782013942355.html) qui traite, comme son titre l’indique, de l’amour inconditionnel enfant/parent via une maman renard et son petit.
Câlinoux de Loups – Chansons douces pour tout-petits de Marlène Jobert, Christine Thouzeau et Jean-François Leroux (http://www.decitre.fr/livres/calinoux-de-loups-9782723490931.html). Accompagné d’un cd audio, ce livre au format carré et aux jolies illustrations contient de petites comptines qui changent des grands classiques. On aime beaucoup même si, après une bonne centaine d’écoute, on la remplacée par les Touts petits loups du jazz.
-pour finir, l’incontournable Grosse colère de Mireille d’Allancé (http://www.decitre.fr/livres/grosse-colere-9782211061773.html) qui est super pour discuter des crises de frustration de l’âge des 2 ans.

Et vous, quels sont les livres préférés de vos petits loups ?
Pleins de bisous et bonne lecture

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Ma sélection d’albums pour aborder la période de Noël en maternelle

Nous y voilà, le mois de décembre a commencé et mes élèves, déjà surexcités par les sollicitations permanentes des publicitaires, ne pensent plus qu’à une chose : Noël ! Autant dire qu’il n’a jamais été aussi difficile pour eux de se concentrer dans la classe… Toutefois, en maîtresse rusée que je suis, je tente toujours de détourner cette exaltation permanente au profit de quelques apprentissages scolaires. Traditionnellement, je profite donc de cette période pour travailler sur la lettre et, pour ce faire, je m’appuye sur quelques albums dont je voudrais vous donner un petit aperçu aujourd’hui :

*Cher Père Noël, de Jeanne Ashbé

L’histoire d’un petit garçon qui, dans sa lettre au Père Noël, lui demande non pas des cadeaux mais de l’accompagner dans sa tournée. non seulement il est très accessible à la fois par ses illustrations et par son vocabulaire très bien choisi, mais il permet de détacher un peu les élèves des aspects mercantiles de cette fête pour se fixer davantage l’imaginaire (qui est le Père Noël, ses attributs, que feriez-vous si vous pouviez le rencontrer, etc ?).

*La lettre du Père Noël, de Yukiko Tanno

Cet album s’adresse à des enfants un peu plus grand (à partir de 4 ans je dirais) car il me permet de travailler plus en détail sur le genre épistolaire : qu’est-ce qu’une lettre ? Quelles sont les règles pour la rédiger ? Comment faire si on ne sait pas encore écrire ? A cette approche s’ajoute le fait que tous les personnages sont des animaux humanisés, ce qui place encore l’étude de cette période dans le champs de l’imaginaire, et le fait que la lettre soit écrite par le Père Noël, ce qui permet de changer de la traditionnelle lettre au Père Noël.

*Le facteur du Père Noël, de Allan et Janet Ahlberg

Destiné aux plus grands, ce livre propose de vraies cartes de Noël écrites aux différents personnages des contes traditionnels (le loup, le petit chaperon rouge, le petit bonhomme de pain d’apices, etc). Je l’utilise afin de revisiter l’imaginaire des enfants tout en approfondissant la notion de genre épistolaire. Attention toutefois de ne pas leur laisser cet album en accès libre car il y a de fortes chances pour qu’ils égarent les cartes postales sinon…

Je pourrai en citer pleins d’autres encore (notamment les très bons ouvrages de Grégoire Solotareff) mais je préfère vous laisser faire vos propres découvertes au fil des rayons des librairies. Bonne flânerie au milieux des livres chers lecteurs …

*

La rentrée scolaire en maternelle dans la littérature de jeunesse

La première période de l’année scolaire venant de s’achever, voici une petite liste commentée des albums que j’utilise pour évoquer la rentrée en maternelle avec mes élèves :

_La rentrée de la maîtresse, d’Agnès Berton.
Cet ouvrage des éditions Bayard jeunesse a pour originalité d’aborder ce moment si particulier de l’année du point de vue d’une maîtresse nouvellement nommée dans une école. De plus, les personnages, tous animaliers, sont très attachants pour les enfants.

_Le petit ogre veut aller à l’école, de Marie-Agnès Gaudrat, chez le m^me éditeur.
Cette fois-ci, le héros est un petit ogre qui s’ennuie à la maison et qui voudrait aller à l’école pour se faire des copains et apprendre à lire. Nous parlons donc de l’utilité d’aller à l’école, thème qui est loin d’être évident pour les élèves de cet âge, ainsi que de l’intégration des enfants « différents » puisque l’ogre, au début, effraye ses camarades avant de devenir leur ami.

_Le prince Nino à la maternouille, d’Anne-Laure Bondoux.
Dans cet ouvrage, le petit prince est tellement inquiet à l’idée de faire sa première rentrée scolaire qu’il demande à la sorcière une potion afin de pouvoir emporter discrètement sa maman avec lui. Bien sûr, rien ne se passera comme prévu et il se rendra vite compte que la place d’une maman n’est pas à l’école …

_L’école de Léon, de Serge Bloch.
Ce grand classique des rentrées scolaires permet d’aborder, du point de l’enfant, pratiquement tous les point importants d’une rentrée scolaire en maternelle : les sentiments ambivalent du nouvel élève face à ce changement de statut, les personnages clés d’une école, l’emploi du temps d’une journée, les règles de fonctionnement, etc.

_Dans la cour de l’école, de Christophe Loupy. Avec ses illustrations très particulières (uniquement des ronds de couleur), ce petit livre me permet d’aborder les notions de filles/garçons ainsi que les différentes formes de regroupement du groupe classe (en rang, en file indienne, en ronde, en désordre, etc). Une approche très intéressante à exploiter donc, notamment avec des Moyens.

Voilà, il y en aurait bien d’autres à citer mais ceux-là font partie des coups de coeur que je voulais partager avec vous. N’hésitez pas à indiquer dans les commentaires si vous en avez d’autres à recommander…

Artemis Fowl, de Eoin Colfer

  Encore un article sur un auteur anglo-saxon me dirons certains ! Certes, même si cela me désole un peu, il faut reconnaître que les auteurs de littérature de jeunesse que j’apprécie sont, pour la plupart, britanniques et non français. Cela est lié à l’histoire du genre je pense : en France, la littérature de jeunesse a longtemps été très moralisatrice (lisez la comtesse de Ségur, par exemple) et sa valeur littéraire sous-estimée, si bien qu’elle fut délaissée par les grands auteurs (il y eu tout de même quelques audacieux pour y croire comme Jules Verne). Dans le monde anglo-saxon, on a très vite compris que la jeunesse représentait aussi une cible commerciale et, là est le génie des éditeurs, on a privilégié les romans complexes comme Peter Pan ou David Copperfield qui ont valu a leur auteur non seulement un certain succès, mais surtout la reconnaissance d’une profession. Mais revenons à notre sujet initial : Eoin Colfer. Comme Mr Morpurgo, il fut également instituteur avant d’être écrivain, ce qui explique peut-être sa parfaite connaissance du public enfantin. Après avoir publié quelques romans pour les moins de dix ans, il publie en 2001 un roman de fantasy intitulé Artemis Fowl dans lequel un jeune garçon de 12 ans, richissime et surdoué, découvre l’existence du Peuple des fées. On est donc en présence d’un ouvrage de fantasy dans lequel le jeune lecteur retrouvera les grands personnages du genre : fée, nain, ogre, centaure, etc… Toutefois, contrairement à Harry Potter par exemple, ce roman se distingue aussi par son absence de simplifications entre « gentils très gentils » et « méchants très méchants » . Ainsi, le héros est l’héritier d’une dynastie de nobles truands (si si si, des lords mais qui ont tous fait fructifier leur fortune dans l’économie parallèle !) et sa première idée est de dérober aux êtres qu’il vient de découvrir un ouvrage fondateur afin de les faire chanter. Le jeune lecteur, on le voit, n’est donc pas englué dans tout un fatras de conception moralisatrices même si, au fil des pages et des tomes, le héros a bien sûr des scrupules et « s’humanise »… Aujourd’hui, les aventures d’Artemis se décline en huit tomes. Si certains sont de qualité inférieure, la saga se lit vraiment facilement si bien que je la recommanderai aux parents qui souhaitent proposer de nouvelles idées de lectures à leurs enfants (notamment pour les garçons qui pensent détester la lecture). Aux fans de fantasy, vous avez donc de quoi occuper vos soirées …

« Un gruffalo ? C’est quoi un gruffalo ? »

  Comment ? Vous ne connaissez pas cet être imposant doté de « crocs impressionnants, de griffes acérées et de dents plus coupantes que celles d’un requin »  ? Il est pourtant l’un des héros enfantins les plus connus outre-manche et outre-atlantique et, depuis la sortie en France d’un dvd le 1er mars 2012, il pourrait bien connaître le même succès dans notre pays… De quoi s’agit-il ? Au départ, tout commence avec un petit album pour enfants écrit par Julia Donaldson et illustré par Axel Scheffier qui fonctionne sur le modèle du un conte en randonnée. Je m’explique pour les non-enseignants : une petite souris se promène « dans un bois très sombre ». A chaque nouvelle page, elle rencontre un animal qui la trouve « bien appétissante » et qui veut l’inviter à souper dans sa demeure en pensant pouvoir tranquillement la dévorer comme tout prédateur qui se respecte. Mais la petite souris est maline et, à chaque fois, elle répond qu’elle est justement en train d’attendre son ami le gruffalo, un être que l’on croit au départ inventé de toutes pièces tant ses attributs paraissent de plus en plus effrayant. Effrayés, les différents prédateurs préfèrent fuir et le conte se poursuit jusqu’à …la rencontre entre la souris et le gruffalo !!! Que se passe-t-il alors ? Volontairement, je ne répondrait pas à cette question pour que vous alliez voir par vous-même l’ouvrage en question ou, si vous êtes plus branché internet, pour que vous alliez visionner des extraits du dvd gratuitement sur Youtube. En tant qu’institutrice, j’ai découvert ce livre par hasard car il figure sur les listes de lectures recommandées par l’Éducation Nationale pour les enfants de cycle 2 (5 à 7 ans), mais j’ai très vite été enthousiasmée à la fois par son accessibilité pour les enfants et par la variété des exploitations possibles. Deux exemples parmi d’autres m’ont bien plu : en grande section, j’ai vu un collègue proposer aux élèves d’inventer un conte sur le même modèle ; en CE1, un autre instituteur utilisait le dvd lors des séances d’Anglais et, au bout de deux ou trois séances, il demandait aux enfants de rejouer l’histoire en réutilisant les dialogues originaux. Le résultat était impressionnant mais pas étonnant si on considère l’importance des capacités de mémorisation d’un texte oral à cet âge. Bref, je vous conseille et le livre et le dvd (qui peut être vu dans les deux langues d’ailleurs) ainsi que la suite de l’album intitulée Petit Gruffalo. Bonne lecture …

Tom Slaughter, un artiste qui met son talents au service des plus jeunes.

Mon précédent article étant consacré à un auteur pour enfants de 7 à 77 ans, je m’intéresserai aujourd’hui non pas à un écrivain mais à un artiste polyvalent du nom de Tom Slaughter. Cet américain, véritable touche-à-tout, est surtout connu en France pour ses illustrations de livres jeunesse réalisées en papiers découpés puis collées sur des fonds de couleurs vives. Je m’explique : en utilisant des formes simples et très contrastés, Tom Slaughter capte l’attention des plus petits (entre 2 et 4 ans) et les invite à entrer dans les apprentissages premiers à travers des notions fondamentales telles que les quantités, les nombres, les tailles ou encore les contraires. Personnellement, pour avoir travaillé avec ces ouvrages en classe de petite section, je peux vous dire qu’ils étaient très apprécié par mes élèves qui allaient très souvent les consulter lorsqu’ils avaient terminé leur travail en avance. A partir de ces livres, nous avons aussi dénombrer tous ensemble (c’est-à-dire compter, en langage scolaire), comparer et décrit une multitude d’objets ce qui a contribué, entre autres activités, à faire progresser la maîtrise du langage de ces enfants. Enfin, et ce fut véritablement mon coup de coeur de l’an dernier, Tom Slaughter a également illustré un abécédaire trilingue qui permet de découvrir au fil des pages les premiers mots en français, anglais et espagnol (les termes choisis sont volontairement très proches et parfois même identiques, d’où une mémorisation aisée même à cet âge). Vous pouvez donc sans crainte acheter les albums de cet artiste car, croyez-moi, ils raviront l’oeil et l’esprit des petits et des grands. A bientôt !

Portrait de mon auteur de littérature jeunesse préféré : Michaël Morpurgo.

   Comment prétendre consacrer une partie de ce blog à la littérature pour la jeunesse sans aborder Michaël Morpurgo, écrivain britannique né en 1943 et dont l’un des romans, à savoir Cheval de guerre, vient d’être adapté au cinéma par Steven Spielberg (rien de moins !). Personnellement, bien que n’ayant jamais eu l’occasion de le rencontrer « en vrai », j’ai eu un véritable coup de cœur pour cet auteur en 2007, lorsque je préparais le concours d’institutrice. En effet, nous devions alors présenter au jury une œuvre que nous aimerions étudier en classe avec nos futurs élèves ainsi que des pistes d’exploitations possibles, et ce dans différents niveaux de classe. A l’époque, j’avais choisi un tout petit roman, intitulé Le naufrage du Zanzibar lequel, derrière une apparente accessibilité, recelait de nombreuses utilisations possibles notamment au cycle 3. Je vous épargnerai ici l’analyse complète de l’œuvre (bien que je la tienne à disposition pour toute personne intéressée) ainsi que la critique de l’adaptation de Cheval de guerre au cinéma, mais, s’il ne fallait dire vous qu’une chose dans ce billet, c’est de courir emprunter/acheter/ louer les romans de M. Morpurgo et de les lire afin de vous faire vous-mêmes votre propre idée. Pour vous donner encore un peu plus envie, je ne résiste pas à la tentation de vous mettre le lien vers le site personnel de l’écrivain qui, même s’il est en anglais, contient de nombreuses ressources intéressantes notamment pour les enseignants. Bonne lecture à tous !