La consultation du blog larbreauxmots en 2014 : quelques données chiffrées !

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Un métro New-Yorkais contient 1.200 personnes. Ce blog a été visité 4 500 fois en 2014. S’il était un métro New-Yorkais, il faudrait faire 4 voyages pour les déplacer tous.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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Ludovia,la e-éducation et du multimédia ludo-éducatif et pédagogique

   Un peu de publicité, ce soir, pour un site internet que j’ai découvert il y a quelques mois et qui m’a permis de bien cheminer dans mon projet de reconversion à long terme. Il se nomme Ludovia.com(marque déposée) et se définit comme un média on-line consacré à tout ce qui se fait en France comme à l’étranger en matière de e-éducation et d’application des technologies numériques dans le domaine de l’apprentissage, que ce soit à l’école ou dans le milieu professionnel. Extrêmement prolifique, ce site m’a permis de découvrir de nombreuses expériences éducatives intéressantes qui vont bien au-delà de la simple introduction de l’outil informatique dans une classe. Aux Etats-Unis, terre de tous les excès mais où il y aussi des initiatives qui font avancer le débat, certaines écoles réfléchissent notamment sur la gamification de l’enseignement : en très gros, il s’agit de s’inspirer des caractéristiques du jeu vidéo (un héros qui mène une quête et doit résoudre des énigmes pour passer au niveau supérieur) pour aider l’élève à acquérir plus de motivation et d’autonomie dans la construction de ses savoirs. Et cela fonctionne apparemment bien pour les élèves qui avaient « décrochés » dans le système ordinaire alors pourquoi pas ?  En France, nous n’en sommes pas là, loin s’en faut ! Le 3 avril dernier, le député des Yvelines Jean-Michel Fourgous (UMP) a ainsi rendu à l’Assemblée Nationale un rapport intitulé « Apprendre autrement à l’ère du numérique » dont les conclusions sont accablantes. Dans le primaire, on en est ainsi encore à la phase d’équipement matériel des établissements avec seulement 1 ordinateur pour 10 élèves et un nombre de tableaux blancs intéractifs encore très insuffisants pour parler de généralisation (de l’ordre de la centaine il me semble sur tout le territoire). Du fait de ce retard, peu d’enseignants se soucient de modifier leurs manières d’enseigner pour intégrer ces nouveaux outils alors même que les élèves, qu’ont qualifient même des digital natives maintenant, sont eux habitués à les utiliser quotidiennement. Réduire ce décalage dans un avenir proche me semble être, non pas une option, mais une obligation si nous voulons que notre école permettent la réussite davantage d’élèves. En ce soir d’élections, je me permets donc de lancer cet appel : ne restons pas à la traîne dans ce domaine car, comme le disait déjà Edgar Quinet, « si l’école est en retard alors qu’elle devrait être le messager de l’avenir, alors elle n’a plus sa place » !

A propos des parents qui se servent de leur smartphone pour occuper leurs enfants.

Dans la salle d’attente du médecin, dans l’autobus ou bien encore au jardin d’enfants (si,si, si…j’en ai vu!), on peut désormais croiser de jeunes parents qui prêtent plus ou moins volontairement leur smartphone à leur progéniture afin d’essayer de les faire patienter « plus sagement ». Car, ne  nous leurrons pas, tel est bien l’objectif premier de toutes les applications dites pour enfants. En effet, quelques soient leurs prétentions éducatives (qu’il s’agisse de Dora qui « apprend » l’anglais aux petits ou de l’application L’école à la maison sur Androïd), ces produits hautement commerciaux servent avant tout à divertir un temps nos chères têtes blondes. Comme il ne peut pas exister, par définition, d’interactions entre eux et la machine, il y a fort à parier qu’ils se lasseront vite du logiciel après le temps de la découverte. Cela les conduira, fort logiquement, à s’intéresser régulièrement à de nouveaux jeux d’où une entrée de plus en plus précoce du jeune dans la société de consommation (j’essaye une application un temps, puis je zappe quand elle ne me plaît plus 😦 ). Mais cette nouvelle utilisation des téléphones pose aussi de réelles questions au niveau de la sécurité. Certains jeux, pourtant en téléchargement gratuit au départ, proposent ainsi d’évoluer plus vite en achetant des « crédits » ou « options » d’où parfois des incidents comme le cas, cité dans la presse américaine, d’une petite fille de 8 ans qui a pu dépenser sans difficultés 150 dollars en 2 jours sur l’application pour iPhone “Tap Zoo” grâce au numéro de carte bancaire de ses parents qui était associé au compte iTunes. Des mesures de bon sens s’imposent donc comme le verrouillage par code de son portable ou la mise en place d’un contrôle parental (citons Kid mode, par exemple, qui permet d’afficher une interface adapté aux enfants à partir de 8 ans). Après, comme pour tout ce qui concerne les enfants et l’usage des nouvelles technologies en général, rien ne pourra bien sûr remplacer la surveillance attentive des parents donc, si vous décider d’utiliser ce média pour occuper votre enfant, vous voilà prévenus…

Les innovations pédagogiques 2012 au banc d’essai

Ce mois-ci, la revue Le monde de l’intelligence consacre son banc d’essai aux innovations pédagogiques 2012. Késako, vous demandez-vous sans doute ? Sous ce titre assez vague se cache en fait un comparatif rapide des différentes inventions technologiques qui sont aujourd’hui utilisées pour aider nos chères têtes blondes à apprendre. Concrètement, cinq supports différents sont évalués : le tableau blanc interactif que, personnellement, je n’ai testé qu’une fois en 5 ans d’enseignement car il coûte très cher aux communes ; les tablettes numériques, de type Kindle ou Ipad ; les jeux video ou serious games, très en vogue apparemment dans  les grandes entreprises privées pour remotiver les employés ; les plate-formes d’apprentissage en ligne, qui sont déjà nombreuses au niveau universitaire et, enfin, les réseaux sociaux disponibles sur le Web. Le constat des deux spécialistes de la rédaction, dont Bruno Devauchelqui exerce à Lyon, est au final assez mitigé. En effet, ces différents supports ouvrent réellement de nouvelles perspectives pour aider les élèves en difficultés scolaires, notamment en influençant de manière directe leurs motivations pour apprendre en présentant les apprentissages de manière « plus ludique » que les traditionnels manuels papiers. Toutefois, il demeure relativement peu accessibles au plus grand nombre soit du fait de leur coût élevé (pour les trois premiers supports), soit parce qu’ils ne peuvent être efficaces qu’en complément d’outils pédagogiques classiques. En conséquence, toutes ces innovations sont certes intéressantes sur un plan pédagogique mais, contrairement à ce que pourrait laisser croire leur omniprésence dans les rayons de nos grands magasins, elles ne risquent pas de remplacer de sitôt l’enseignant, les manuels et les crayons. Il reste donc des progrès à faire dans ce domaine pour parler de « révolution technologique » dans le système scolaire français…

L’école, le numérique et la société qui vient

   Ce petit ouvrage, accessible pour la modique somme de 5E,  a tout d’un grand! Primo, il est constitué de plusieurs entretiens entre trois spécialistes unanimement reconnus pour leurs compétences intellectuelles : Denis Kambouchner, universitaire de renom, est l’un des tenants de » l’école républicaine » qui considère l’institution scolaire comme le lieu par excellence de la transmission du savoir et de la culture ; Philippe Meirieu est quant à lui le représentant le plus connu de la pensée « pédagogiste », laquelle place l’enfant  au centre du système ; Bernard Stiegler, enfin, est un philosophe spécialisé dans la pensée de la technique qui, bien que peu connu du grand public, intervient régulièrement dans les grandes conférences consacrées aux technologies numériques. Deuxio, ce petit ouvrage que l’on peut facilement lire en plusieurs fois, a aussi le mérite de synthétiser la plupart des grandes problématiques que pose l’omniprésence des technologies numériques dans la société actuelle. En effet, tout comme l’invention de l’imprimerie à l’époque des moines copistes, il semble que nous soyons en train de vivre un changement d’aire intellectuelle, à savoir le passage d’un » monde sur papier » à un « monde sur écran ». Cette évolution, rapide et mondiale, peut soit effrayer les tenants traditionnels du savoir, parmi lesquels les enseignants, soit les enthousiasmer du fait des nouvelles perspectives qu’elle apporte. Les trois auteurs s’interrogent donc sur les différentes manières d’accompagner cette mutation dans le cadre scolaire et notamment sur les moyens d’aider les élèves à dépasser la communication spontanée et immédiate dans laquelle certains usages du numérique peuvent enfermer. La question essentielle qui se pose au pédagogue est alors la suivante: comment permettre aux élèves d’accéder, par le numérique, ou malgré le numérique, à une parole «lettrée»? Comment les amener à devenir des «êtres de culture» (Meirieu)? Comment lutter contre une «prolétarisation» (Stiegler) qui déconnecterait les individus des savoirs qu’ils mettent en œuvre? Telles sont les principales problématiques abordées dans ce livre dont je vous recommande, vous lavez compris, vivement la lecture.