Une idée d’atelier peinture autour de l’automne.

En ces temps de vacances scolaires, vous cherchez peut-être des idées pour occuper votre  enfant à la maison, notamment les jours de pluie. Voici une petite idée d’activité manuelle toute simple que nous avons testée en début de semaine avec Solène.

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Ce qu’il vous faut
– des feuilles d’automne
– de la gouache
– 1 gros pinceau
– 1 gobelet d’eau et 1 palette
– du scotch double face ou de la pâte à fixe

 

 

 

IMG_2500Dans l’ordre
1. Fixer les feuilles d’arbre bien à plat sur la feuille blanche avec du scotch double face ou de la pâte à fixe.
2. Peindre chaque feuille d’une couleur différente en n’hésitant pas à dépasser sur les côtés.
3. Décorer entre les feuilles avec le motif de votre choix (des points pour nous).
4. Enlever les feuilles délicatement pour laisser la trace des contours.

5. Et voilà, il n’y a plus qu’à admirer le résultat !

 

 

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Si vous cherchez d’autres idées d’activités manuelles, notamment pour Halloween, je vous renvoie enfin vers les articles de la rubrique Coccinelle et papillon du blog Les Bien Aimés (http://www.les-bienaimes.com/2014/08/petite-coccinelle-attrappe-soleil.html).

Bonne lecture !

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De l’utilisation de la mémoire affective pour jouer sur scène

51RH7G0M4MLCréateur du Théâtre d’Art de Moscou, Constantin Stanislavski a été le premier dans le monde à offrir une leçon fondamentale de l’art dramatique, et de celui du comédien. Dans La formation de l’acteur, il met ainsi en scène de jeunes comédiens apprenant leur métier auprès d’un professeur expérimenté. celui-ci, avec humour ou fermeté, leur enseigne ses propres convictions quant à ce que doit être ou ne pas être le théâtre. Constantin Stanislavski, quant à lui, est le créateur du théâtre « réaliste  » à l’opposé du  » théâtre romantique  » tel qu’on pouvait le jouer avant lui. Beaucoup d’acteurs, comme de cinéastes américains, se sont largement inspirés de ses principes et son œuvre demeure encore aujourd’hui l’une des références pour de nombreux comédiens . En voici quelques extraits que j’aime particulièrement et qui concernent la mémoire affective et son utilisation sur scène :

« _L’acteur ne construit pas son rôle avec la première chose qui lui tombe sous la main. Il choisit soigneusement, parmi ses souvenirs, et trie parmi ses propres expériences, les éléments les plus séduisants. Il tisse l’âme de son personnage de sentiments qui lui sont plus chers que ceux de sa vie ordinaire. Existe-t-il terrain plus fertile pour l’inspiration ? L’artiste choisit le meilleur de lui-même pour le porter sur scène. Les formes peuvent varier, suivant les besoins de la pièces, mais les sentiments de l’artiste resteront vivant, irremplaçables.(…)

_Pensez-vous que l’acteur va imaginer toutes sortes d’impressions nouvelles, ou même s’inventer un caractère différent pour chacun de ses rôles ? Combien d’âmes devrait-il avoir ? Comment pourrait-il arracher la sienne pour lui en substituer une autre ? Où la trouverait-il ?

_On peut emprunter un manteau, des bijoux, n’importe quel objet, mais on ne peut prendre à un autre ses sentiments. On peut comprendre un rôle, sympathiser avec le personnage et se placer dans les mêmes conditions que lui afin d’agir comme il le ferait. C’est ainsi que naîtront chez l’acteur des sentiments qui seront analogues à ceux du personnage, mais qui n’appartiennent qu’à l’acteur. N’oubliez jamais que sur scène, vous restez un acteur. Ne vous éloignez pas de vous-même. Dès que vous perdrez ce contact avec vous-même, vous cessez de vivre réellement votre rôle et à votre place apparaîtra un personnage faux et ridiculement exagéré. Aussi nombreux que soient vos rôles, ne vous permettez jamais aucune exception à cette règle. L’enfreindre reviendrait à tuer votre personnage en le privant de l’âme vivante et réelle qui doit l’animer.

Lorsque vous êtes en scène, jouez toujours votre propre personnage, vos propres sentiments. Vous découvrirez une infinie variété de combinaisons dans les divers objectifs et les circonstances proposées que vous avez élaborés pour votre rôle, et qui se sont fondus au creuset de votre mémoire affective. C’est la meilleure et la seule vraie source de création intérieure. (…)

On ne peut pas répéter un sentiment qu’on a éprouvé accidentellement sur scène, pas plus qu’on ne faire revivre une fleur fanée. Il vaut mieux essayer de créer quelque chose de nouveau que de perdre ses efforts sur des choses mortes. Comment faire ? En premier lieu, ne vous occupez pas de la fleur ; contentez-vous d’arroser les racines, ou bien plantez de nouvelles graines.

La plupart des acteurs travaillent en sens opposé : s’ils ont accidentellement réussi un certain passage de leur rôle, ils cherchent à le répéter en s’attaquant directement à leurs sentiments. Mais c’est comme s’ils essayaient de faire pousser une fleur sans le secours de la nature et il n’y arriveront jamais à moins de se contenter d’une fleur artificielle.

– Alors que faut-il faire ?

– Ne pas penser au sentiment en lui-même, mais vous appliquer à découvrir ce qui l’a provoqué et quelles sont les conditions qui avaient favorisé son apparition (…) Ne partez jamais du résultat. Il apparaîtra de lui-même en temps voulu, comme l’aboutissement logique de ce qui a eu lieu auparavant. (…)

Plus grande sera votre mémoire affective, plus riche sera votre matériel de création intérieur. Je pense que cela ne nécessite aucune explication. Cependant, en plus de cette richesse de la mémoire affective, il est nécessaire d’en distinguer certaines autres particularités, à savoir : sa puissance, sa fermeté, la qualité de ce qu’elle retient, en tant que tout cela intéresse notre travail.

Notre pouvoir de création dépend de la puissance, de l’acuité et de l’exactitude de notre mémoire. Si elle est faible, les sentiments qu’elle fera naître seront pâles et sans consistance. Il seront sans valeur pour la scène, car ils ne porteront pas au-delà de la rampe. (…)

Supposez qu’on vous ait insulté en public, peut-être même giflé, et que la joue vous en brûle encore lorsque vous y pensez. Le choc intérieur était si fort que vous en avez oublié tous les détails de l’incident. Mais il suffira d’un petit rien insignifiant pour réveiller instantanément en vous le souvenir de l’incident et faire renaître l’émotion avec une violence redoublée. Vous rougirez et votre cœur se mettra à battre. Si vous possédez un appareil émotif subtil et facile à déclencher, il vous sera facile de transposer cette expérience dans votre jeu et de reproduire une scène analogue. Vous n’aurez besoin d’avoir recours à aucune technique : la nature s’en chargera. (…)

Vous pourriez penser que, en théorie, l’idéal serait de savoir retenir et reproduire minutieusement des impressions ou des sentiments, de les revivre de la même façon qu’ils ont été éprouvés à l’origine. Si tel était le cas, que deviendrait notre système nerveux ? Comment pourrait-il supporter de revivre dans tous leurs détails des souvenirs atrocement pénibles ? La nature humaine n’y résisterait pas.

Heureusement, les choses se passent différemment. nos souvenirs affectifs ne sont pas une copie exacte de la réalité. Certains sont parfois plus intenses que le sentiment original, mais en général, ils sont beaucoup atténués. Parfois, certaines de ces impressions continuent de vivre en nous et à s’y développer, provoquant de nouveaux phénomènes, amenant de nouveaux détails. (…)

Le temps est un merveilleux artiste : il choisit parmi les souvenirs, il les épure et transforme en poésie jusqu’aux détails les plus pénibles et les plus réalistes. (…)

Nos émotions artistiques se cachent dans les profondeurs de notre être comme des bêtes sauvages. Si elles ne viennent pas d’elles-mêmes à la surface, il vous sera impossible de les faire sortir de leur repaire. Il vous faudra trouver un piège, un « leurre » quelconque pour les attirer. C’est de cela que je viens de vous parler, ces « excitants » qui doivent éveiller la mémoire affective. Il existe entre l’excitant et le sentiment un lien naturel et normal. Mieux vous le connaîtrez, mieux vous pourrez juger de la qualité de votre mémoire et mieux vous pourrez la développer.

Il ne faut pas non plus négliger d’ajouter constamment de nouveaux éléments à votre « trésor ». Pour cela, puisez sans cesse dans vos souvenirs, dans la littérature, l’art, la science, les musées, dans vos voyages, et surtout dans vos contacts avec les autres.

Comprenez-vous maintenant, que vous savez tout ce qu’on demande à l’acteur : la nécessité pour lui de mener une vie intense, belle, intéressante, variée. (…)

Pour répondre aux besoins du théâtre actuel, il faut être capable d’interpréter une grande variété de personnages non seulement de l’époque présente, mais aussi du passé ou de l’avenir. L’acteur doit donc être perpétuellement à l’affût, et lorsqu’il s’agira de reconstruire ou de recréer une époque passée ou future, ou même imaginaire, il devra faire appel à ses facultés d’invention.

Notre idéal doit être de tendre vers ce qui est éternel dans l’art, ce qui ne mourra jamais et restera toujours jeune et accessible au cœur humain. »