Quand je vais dans ma classe, j’aime bien j’aime bien …

              Les instits auront reconnu dans ce titre celui d’une comptine largement répandue dans les classes de maternelle mais elle pourrait parfaitement s’adapter à ma classe de CP. Dans ma classe, ou plutôt dans notre classe puisqu’elle appartient autant aux élèves qu’à moi, il y a ce qu’on appelle commodément des « coins », c’est-à-dire des espaces qui ont une fonction spécifique.En voici quelques uns :

coin regroupement             Le premier qui est plutôt rare en élémentaire est dédié au regroupement : les élèves ne s’assoient pas (encore ? ) par terre autour d’une ellipse mais ils s’y retrouvent régulièrement pour compter le nombre de jours d’écoles, pour lire un album ou un documentaire ou bien pour participer aux conseils d’enfants hebdomadaires. Une fois par semaine, ou deux s’il s’est produit un évènement à traiter plus tôt, les élèves ont ainsi un temps pour discuter de l’ambiance de la classe et des projets à mener. Ils peuvent féliciter un camarade, critiquer un comportement inadapté et proposer individuellement ou collectivement des solutions pour améliorer la situation. C’est aussi l’occasion de lancer de nouvelles idées de projets comme celui concernant l’aménagement de notre coin nature.

coin sciences

       Comme vous pouvez le voir, il est bien rempli en ce moment. Il y a des puzzles de botanique et de zoologie car nous avons des poules dans l’école ainsi qu’un jardin. Il y a des poissons combattants dans des aquariums suite à la demande des élèves qui en ont eux-mêmes financé l’achat en vendant des crêpes fabriquées avec les oeufs de nos poules à la sortie de l’école. Il y a des lentilles et des noyaux d’avocat en train de germer, une plante « adulte » dont il faut prendre soin et des plantations dans les petits pots en tourbe de pois de senteur que nous observons régulièrement. Je dois avouer que c’est la première année que je donne une telle place aux sciences naturelles dans ma classe et c’est formidablement intéressant à dire vrai.

       Un autre coin est celui des ateliers autonomes. Pour le moment, je bricole un peu avec les moyens du bord pour proposer des activités adapté aux différents niveaux à la fois en lecture, en numération, en géométrie et en motricité fine mais le fonctionnement se rode peu à peu et j’ai dans l’espoir d’investir dans des meubles plus adaptés l’an prochain. C’est un espace très important car les élèves s’en sont saisis petit à petit et ils me réclament très souvent maintenant d’aller prendre un atelier pour s’entraîner seuls (il faut dire aussi qu’ils connaissaient déjà le fonctionnement des ateliers Montessori en maternelle sur des temps prédéfinis par contre alors que les miens sont libres à partir du moment où j’ai déclaré qu’ils avaient assez de temps pour faire une activité en autonomie).

meubles maths

atelier

                  J’ai aussi bien sûr  un système d’emploi du temps visuel, un baromètre sonore, un tableau des responsabilités et un affichage des sons. Cela est plus traditionnel mais je vous mets tout de même des photos pour visualiser la chose. Ils sont sans doute perfectibles mais ils sont utiles autant pour moi que pour eux pour le moment donc on les garde jusqu’à la prochaine idée lumineuse des enfants ou de moi-même. Beaucoup d’images viennent de blogs de collègues que je ne remercierai jamais assez de partager ainsi leur travail.

affichage tableau

métiers

affichage sons.jpg

Voilà, vous savez presque tout sur notre classe maintenant. La prochaine fois, je vous parlerai de notre jardin et de nos poulettes du coup. A bientôt chers lecteurs et n’hésitez pas à faire connaître le blog ou la page FB à vos contacts histoire de montrer que dans les écoles de quartier aussi les choses bougent pour le bénéfice des enfants !

 

 

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La rentrée des classes … vue du côté d’une maîtresse !

dessin-Jack-Koch-rentrée-enseignants-2014-648x458Cartable au dos ou sacoche à la main, élèves et enseignants ont repris le chemin de l’école depuis près d’un mois maintenant. Toi qui es parent, tu as peut-être appréhendé la rentrée de ton enfant, notamment si c’était sa toute première ou son passage à la « grande école » ! Un moment émouvant qui marque un cap important dans la vie de nos petits, mais aussi dans la vie de parent. Modestement, voici un petit aperçu « côté coulisse » de cette période particulièrement sensible.

Pour une institutrice, la rentrée se prépare en fait bien avant le mois de septembre. Dès le mois de mai, qu’on soit déjà en poste là où l’on va exercer ou on, il est vivement conseillé d’effectuer ses commandes de matériel si on veut le recevoir avant le jour fatidique de la rentrée. Et croyez-moi, pour avoir vécu plusieurs fois la première quinzaine sans crayons ni manuels, ce n’est pas un luxe que de vouloir démarrer l’année avec tous ses cahiers … En juin, les principales modifications concernant les futures listes de classes sont effectuées mais, avant que d’imprimer les nouvelles listes, les étiquettes prénoms etc. encore faut-il terminer d’assurer l’année en cours ce qui, généralement, nous prend tout notre temps. Il faut ensuite compter, selon les personnes, une à deux semaines pour ranger le bazar les affaires de l’année écoulée puis un petit break pour récupérer.

Dans l’idéal, on profite ensuite des vacances pour établir un programme général de l’année ou, à défaut, au mois des deux premières périodes. J’écris volontairement dans l’idéal car, pour tous les enseignants nommés en été, c’est-à-dire après la fermeture des écoles ou en septembre, un tel travail est impossible faut de connaître le niveau dans lequel ils vont exercer. Cette année, pour la première fois depuis 7 ans, je savais que j’allais avoir un CP et j’ai donc pu anticiper ma rentrée en épluchant les programmes et en visitant les sites de collègues plus expérimentés. Bien sûr, une semaine avant le jour J, j’étais comme la plupart de mes collègues nouvellement nommés dans mon école en train de disposer les tables selon mes préférences, de guetter l’arrivée des commandes (celles de mai) et de préparer mes cahiers d’écriture. Tout cela à titre bénévole bien sûr car, officiellement, la rentrée des enseignants était la veille du jour j. Cette journée de pré-rentrée correspond en fait à une matinée de réunion avec l’ensemble des collègues, le directeur et les services médicaux-sociaux de l’école. Synonyme de distribution d’innombrables formulaires administratifs à distribuer aux élèves pour la rentrée, elle a également coïncider cette année avec la nomination d’une nouvelle ministre de l’Education Nationale ce qui n’a pas non plus manquer d’alimenter les conversations dans les écoles…

Le soir, la tête saturée d’informations et la trame de ma première semaine sous le bras, je prépare ma tenue de « super maîtresse » pour le lendemain en me répétant que tout va bien se passer (et oui, les maîtresses aussi stressent un petit peu avant de rencontrer leurs nouveaux élèves 😉 ). Après une nuit généralement agitée, je me rends de bonne heure dans mon école afin de peaufiner les dernières activités et, un quart avant la sonnerie fatidique, je me prépare mentalement à faire le grand saut.

Cette année, comme les cp ne connaissaient pas encore leur nouvelle école, je les accueillis avec leurs parents à la porte de la classe et les ai laissés s’installer là où ils le voulaient. Une fois qu’ils sont tous arrivés, et après avoir rassurés les parents souvent plus inquiets que leurs enfants, j’ai attendu le silence pour me présenter (traditionnellement, j’écris mon nom au tableau car cela me rappelle les enseignants de ma propre enfance)avant de leur demander de faire de même sous la forme d’un dessin. Il n’y a plus de stress, tout roule :« Que le spectacle commence ! »

16h30 , la journée est déjà finie ! Ouf ! Je suis contente et les élèves aussi. Finalement, ce n’était pas la peine de stresser comme ça ! J’ai beau me dire cela tous les ans, en septembre c’est toujours la même chose.

 

L’éducation nationale et les enfants porteurs de handicaps.

A l’origine de cet article, je voulais écrire sur l’Instruction En Famille (ou IEF) mais, au fil des lignes, je me suis rendu compte que je déviais vers le sujet de l’intégration, ou non, des enfants atteints de troubles envahissant du développement (TED) dans l’éducation nationale. En effet, dans bien des cas, je pense que l’instruction en famille est une solution envisageable pour certains de ces enfants (attention, je ne dis pas que c’est la seule ou la meilleure non plus). Je m’explique. L’école publique aujourd’hui est en crise. Ce n’est pas un scoop, ni une analyse éminent d’un grand ponte, juste un constat. Malgré les beaux discours, elle n’est pas (encore ?) adaptée à tous les enfants par manque de moyens peut-être ou par manque de volonté politique plus sûrement. Actuellement, entre les effectifs trop importants, la paperasse qu’on demande aux instituteurs/trices et les programmes qui changent tous les 5 ans environ, il est très difficile de pratiquer un enseignement de qualité adapté à tous les élèves. Bien sûr, la plupart des collègues et moi-même essayons de faire du mieux que nous pouvons au quotidien mais, si je prends un peu de recul par rapport à mes sept années d’expérience, j’avoue que j’ai revu à la baisse plusieurs de mes motivations initiales.

Parmi elles, le plus grand deuil que j’ai du faire est celui de l’intégration réelle (ou inclusion) des enfants dits « à besoins éducatifs particuliers » (jolie périphrase pour recouvrir les enfants dys-, porteurs de handicaps, en difficultés sociales et comportementales, etc). Comme certains d’entre vous le savent, je suis à la croisée des chemins car, mon petit frère étant autiste Asperger, je suis aussi famille et, à ce titre, j’ai vécu de l’intérieur le parcours de combattant que peut-être la scolarisation d’un enfant différent. Mais d’abord, un peu d’histoire pour savoir quel est le cadre légal en France pour l’instruction de ces enfants.

A partir des années 1970, à la demande et à l’initiative des familles, d’associations de parents, d’équipes médicales, d’enseignants et d’éducateurs, des expériences d’intégration en milieu scolaire ordinaire de jeunes handicapés sensoriels, puis d’autres catégories de jeunes handicapés se sont peu à peu développées. La loi d’orientation du 30 juin 1975 en faveur des personnes handicapées a traduit l’évolution des esprits, posant comme principe, dans son article 1er, le maintien des mineurs ou adultes handicapés dans un cadre de vie et de travail ordinaire chaque fois que leurs aptitudes le permettent. Cette loi a représenté une étape importante du point de vue de l’affirmation des droits des personnes handicapées. Elle érige en ’’obligation nationale’’ la prévention et le dépistage des handicaps, les soins, l’éducation, la formation et l’orientation professionnelle du mineur et de l’adulte handicapé. Elle situe ’’de préférence’’ dans des classes ordinaires l’éducation de tous les enfants et adolescents ’’susceptibles d’y être admis malgré leur handicap’’.

A partir de 1981, la politique d’intégration scolaire reçoit une impulsion accrue. Deux circulaires importantes sont publiées : la première, en janvier 1982, signée par le Ministre de l’Éducation nationale et le Ministre de la Solidarité nationale, définit les grandes lignes de la politique d’intégration ;la seconde, en janvier 1983, signée par les représentants des Ministres concernés (Éducation nationale, Affaires Sociales et Solidarité nationale, Santé), précise les modalités techniques et pratiques de la mise en oeuvre de cette politique. La loi d’orientation sur l’éducation du 10 juillet 1989 a pris en compte le bilan positif du développement des actions d’intégration et affirmé la nécessité de poursuivre dans cette voie.

Malgré cela, je me rappelle qu’à l’époque de la scolarisation de mon frère (nous sommes nés en 1982 et 1983), la France était encore régulièrement condamnée car beaucoup d’enfants handicapés mentaux n’étaient pas acceptés dans leur école de quartier si bien que les familles avaient le choix entre s’expatrier en Belgique (ce qu’on a conseillé officieusement à mes parents) ou bien faire l’école à la maison. Mais ne généralisons pas :  parallèlement à ces beaux discours, des classes spécialisés ont certes vus le jour dans des écoles « ordinaires ». On appelle ces classe des CLIS et ils en existent de plusieurs sortes selon le handicap de l’enfant. A l’époque dont je vous parle, tous les enfants porteurs de troubles mentaux, violents ou non, intelligents ou non, étaient mis dans la même classe (surnommée la classe des fous par les camarades des autres classes) et confiés à de jeunes instits qui sortaient de formation sans spécialisation pour ce type de public. Bref, cela dysfonctionnait même si la loi a continué a évoluer dans le bon sens dans les années 1990 avec, notamment, la création des RASED, la mise en place des classes relais puis des UPI en l’an 2000.

En 2005 (seulement !), plusieurs lois paraissent coup sur coup qui vont révolutionner la vie des familles touchées par l’autisme (voir le détail à cette adresse : http://ash14.pedagogie.ac-caen.fr/spip.php?article14). Il faut retenir surtout celle de Février 2005 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui, au moins dans les textes, marque une volonté de rupture avec l’exclusion de ces enfants dans les années précédentes en précisant de nouveaux que, dans la mesure du possible, ils ont droits comme tous les autres à une scolarisation dispensée par l’Etat et, si possible, dans l’école du quartier. Près de 10 ans après, on voit certes encore des cas de mamans montant sur des grues pour exiger de l’Etat le respect de ses promesses, notamment en termes d’octroi d’Auxiliaires de Vie Scolaire (un adulte en plus dans la classe pour aider ces enfants), mais les choses ont avancé. J’ai eu plusieurs fois dans mes classes dans mes classes des enfants présentant des troubles cognitifs ou du comportement et, heureusement, jamais je n’ai eu à conseiller à leurs parents de s’expatrier. En revanche, dans certains cas, j’ai du m’opposer à certains collègues frileux pour qu’ils puissent rester dans le milieu ordinaire, notamment lors des « passages symboliques » que constituent l’entrée au CP ou en 6ème. Je ne peux pas jeter la pierre à ces enseignants car, en réalité, je pense qu’ils ont surtout peur d’accueillir ces enfants au sein de leur classe. Dans la très grande majorité des cas, nous n’avons pas été formés quand la loi est parue et, à titre d’exemple, quand j’ai demandé des modules de formation pour savoir comment adapter mon enseignement à ces élèves, le formateur m’a conseillé explicitement de me renseigner auprès des associations de familles … Du coup, j’ai bricolé des outils en m’aidant de sites de mamans qui scolarisent elles-mêmes leurs enfants et c’est comme cela que j’ai découvert, indirectement, l’Instruction en Famille.

En France, il faut savoir que l’instruction en famille est légale car c’est l’instruction qui est obligatoire, et encore à partir de 6 ans, et non l’école.

En très gros, car un prochain article sera exclusivement consacré à ce sujet, selon la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. » (1948, article 26-3). Du coup, ils peuvent décidés tout à fait légalement de ne pas/plus mettre leur enfant à l’école et de lui dispenser eux-même une instruction. Leur seule obligation, d’après les textes, est de le déclarer en mairie chaque année pour les enfants entre 6 et 12 ans et d’accepter de se soumettre à un contrôle par l’Inspecteur de l’Education Nationale au moins une fois par an. Le décret n° 2009-259 du 5 mars 2009 fixe ainsi les connaissances requises par les enfants instruits en famille à l’issue de la scolarité obligatoire. Lorsque les résultats du contrôle sont jugés insuffisants, le rapport doit préciser en quoi l’instruction donnée compromet le développement de la personnalité et la socialisation de l’enfant et/ou ne permet pas l’acquisition des connaissances fixées par le décret. Mais cela, je le développerai dans un autre article à venir …

 

 

Et une pétition, une !

Bien qu’enseignante dans l’éducation nationale, je suis la première à reconnaître que notre système n’est pas parfait. En effet, au cours de mes sept années d’expérience professionnelle, j’ai pu constater certains dysfonctionnements majeurs qui me poussent régulièrement à m’interroger sur la poursuite, ou non, de cette carrière.

Tout d’abord, l’intégration ou plutôt la non adaptation actuelle du système aux enfants dits « différents » ou, en jargon EN, « à besoins spécifiques ». Certes, nous avons depuis quelques années une jolie loi qui oblige l’état à scolariser ces enfants (enfin !) mais, dans la pratique, la situation est complexe. D’une part, de nombreux collègues, sans doute parce qu’ils n’ont pas été « en contact » avec le handicap dans leur vie, ont peur de ces enfants. Comme ils n’arrivent pas à les faire progresser ou à les inclure à la vie de la classe, ils se disent que leur place est avec des enfants qui leur ressemble et souhaite donc sincèrement les orienter dans une classe spécialisée. Personnellement, pour avoir vu mon petit frère, autiste Asperger, orienté dans une CLIS D à partir du CP, alors qu’il avait les compétences intellectuelles pour poursuivre dans le système « classique » et qu’il ne faisait pas de « crise » en classe à l’époque, j’ai vu le gâchis qu’une telle logique pouvait provoqué pour certains enfants. Attention, je ne dis pas que l’orientation en CLIS est forcément inadaptée : simplement, elle ne doit pas être automatique car, à l’heure actuelle, n’ayant ni brevet ni bac, mon frère ne peut prétendre à aucun emploi (le CAT ou ESAT dans lequel il a fait un stage étant maintenant plutôt réservé aux personnes en difficultés sociales 😦 …) et est maintenant en foyer de vie alors qu’il rêvait de travailler « comme tout le monde ». D’autre part, sur le terrain, obtenir une AVS qui soit vraiment une aide pour l’enfant et non une personne elle-même en difficulté sociale est parfois compliquée. Je connais ainsi des parents qui se sont battus jusqu’au mois d’octobre pour obtenir quelqu’un de bien et, malheureusement, uniquement quelques heures par semaine.

Dans mes classes, je me suis souvent « battue » pour ces élèves. L’un, diagnostiqué autiste par l’ITTAC et pour lequel j’avai défendu l’idée d’un passage au CP, est aujourd’hui en CM1 avec AVS et tout se passe bien. L’autre, probablement à haut potentiel ou surdoué en langage courant, est aujourd’hui en GS dans une autre école que celle où j’exerçais à l’époque et il n’est plus ni marginalisé ni sans cesse rabroué par le corps enseignant (être obligé de conseiller en OFF de changer un enfant d’école parce que les collègues sont étroits d’esprit, je trouve cela lamentable…). Un troisième, enfin, est encore dans ma classe et même s’il a du mal à rester sur sa chaise toute une journée (je soupçonne une hyperactivité mais, étant donné le suivi actuel par CMP et RASED, je ne vais pas lui « coller » une autre étiquette), il progresse a son rythme de CE1 pas très attentif en classe mais capable de s’améliorer avec une aide de l’adulte.

Voilà, pour toutes ces raisons, je vous invite à signer la pétition suivante, faite par un collègue à la retraite dont vous pourrez lire les travaux sur le site en lien : http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/

Cela ne fera peut-être pas bouger l’Etat mais, si cela pouvait permettre de créer des écoles différentes et gratuites pour tous avec des enseignants membres de l’éducation nationale, ce serait déjà un grand pas. Surtout, cela me permettrait aussi de ne pas avoir à réfléchir sur le sujet de quitter ou non l’EN dans les années à venir pour rejoindre une école axée sur des pédagogies plus officieuses comme celle de Maria Montessori qui fut, excusez moi du peu, nominée trois fois pour le Prix Nobel de la Paix de son vivant…

mariachild

Bonne lecture et n’hésitez pas à partager ou à réagir si cet article trouve un écho en vous !

La rentrée scolaire en maternelle dans la littérature de jeunesse

La première période de l’année scolaire venant de s’achever, voici une petite liste commentée des albums que j’utilise pour évoquer la rentrée en maternelle avec mes élèves :

_La rentrée de la maîtresse, d’Agnès Berton.
Cet ouvrage des éditions Bayard jeunesse a pour originalité d’aborder ce moment si particulier de l’année du point de vue d’une maîtresse nouvellement nommée dans une école. De plus, les personnages, tous animaliers, sont très attachants pour les enfants.

_Le petit ogre veut aller à l’école, de Marie-Agnès Gaudrat, chez le m^me éditeur.
Cette fois-ci, le héros est un petit ogre qui s’ennuie à la maison et qui voudrait aller à l’école pour se faire des copains et apprendre à lire. Nous parlons donc de l’utilité d’aller à l’école, thème qui est loin d’être évident pour les élèves de cet âge, ainsi que de l’intégration des enfants « différents » puisque l’ogre, au début, effraye ses camarades avant de devenir leur ami.

_Le prince Nino à la maternouille, d’Anne-Laure Bondoux.
Dans cet ouvrage, le petit prince est tellement inquiet à l’idée de faire sa première rentrée scolaire qu’il demande à la sorcière une potion afin de pouvoir emporter discrètement sa maman avec lui. Bien sûr, rien ne se passera comme prévu et il se rendra vite compte que la place d’une maman n’est pas à l’école …

_L’école de Léon, de Serge Bloch.
Ce grand classique des rentrées scolaires permet d’aborder, du point de l’enfant, pratiquement tous les point importants d’une rentrée scolaire en maternelle : les sentiments ambivalent du nouvel élève face à ce changement de statut, les personnages clés d’une école, l’emploi du temps d’une journée, les règles de fonctionnement, etc.

_Dans la cour de l’école, de Christophe Loupy. Avec ses illustrations très particulières (uniquement des ronds de couleur), ce petit livre me permet d’aborder les notions de filles/garçons ainsi que les différentes formes de regroupement du groupe classe (en rang, en file indienne, en ronde, en désordre, etc). Une approche très intéressante à exploiter donc, notamment avec des Moyens.

Voilà, il y en aurait bien d’autres à citer mais ceux-là font partie des coups de coeur que je voulais partager avec vous. N’hésitez pas à indiquer dans les commentaires si vous en avez d’autres à recommander…

Ecole et cinéma

Ce soir, en hommage à une collègue très impliquée dans ce dispositif, je voudrais vous parler du programme « école et cinéma » auquel je souhaiterai aussi participer le jour où j’aurai enfin ma classe. Créé en 2009 sous l’égide des Ministère de la Culture et de l’Education Nationale, il concerne les enfants de la grande section de maternelle au CM2 et a pour but de former leur regard à l’art cinématographique afin qu’ils ne se contentent pas d’absorber passivement les images mises en scènes mais qu’ils apprennent aussi à les apprécier. Comment ? Tout d’abord, l’enseignant choisi parmi une sélection d’une cinquantaine de titres régulièrement renouvelée trois oeuvres qu’il étudiera pendant l’année scolaire. Celles-ci peuvent être contemporaines ou bien appartenir déjà à notre patrimoine culturel (pour exemple, on retrouve aussi bien les incontournables Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati que l’Etrange Noël de Mister Jack du déjanté Tim Burton). En classe, un premier travail est généralement mené autour de l’affiche et de l’auteur : les élèves émettent des hypothèses sur le scénario possible, ils font des recherches en utilisant les nouvelles technologies et se créer petit à petit un premier « horizon d’attente » avant le visionnage. Celui-ci se déroule dans un second temps dans une salle de cinéma associée au projet. Parfois, une visite de la salle de projection est prévue ce qui permet aussi de sensibiliser les jeunes spectateurs à l’importance des conditions matérielles pour profiter pleinement d’un film (projecteur, écran, enceintes etc…). Enfin, de retour en classe, ils reviennent sur leurs ressentis et sur leurs hypothèses initiales. Après les avoir validées – ou non-, ils travaillent à reconstituer le film à partir de photogrammes, revisionnent si possible des séquences clés pour les analyser plus finement, ou imaginent une autre fin selon leur âge. Toutes ces tâches peuvent aussi donner lieu à la rédaction d’un cahier du cinéma que les élèves pourront compléter au fil des années. Non seulement cette initiative leur permet d’éduquer leur regard et leur esprit critique, mais ils acquièrent ainsi une première culture commune ce qui est l’un des objectifs centraux de nos programmes scolaires actuels. Bref, vous l’avez compris, je trouve ce dispositif plus qu’intéressant et vous mets donc le lien sur mon blog.

Ludovia,la e-éducation et du multimédia ludo-éducatif et pédagogique

   Un peu de publicité, ce soir, pour un site internet que j’ai découvert il y a quelques mois et qui m’a permis de bien cheminer dans mon projet de reconversion à long terme. Il se nomme Ludovia.com(marque déposée) et se définit comme un média on-line consacré à tout ce qui se fait en France comme à l’étranger en matière de e-éducation et d’application des technologies numériques dans le domaine de l’apprentissage, que ce soit à l’école ou dans le milieu professionnel. Extrêmement prolifique, ce site m’a permis de découvrir de nombreuses expériences éducatives intéressantes qui vont bien au-delà de la simple introduction de l’outil informatique dans une classe. Aux Etats-Unis, terre de tous les excès mais où il y aussi des initiatives qui font avancer le débat, certaines écoles réfléchissent notamment sur la gamification de l’enseignement : en très gros, il s’agit de s’inspirer des caractéristiques du jeu vidéo (un héros qui mène une quête et doit résoudre des énigmes pour passer au niveau supérieur) pour aider l’élève à acquérir plus de motivation et d’autonomie dans la construction de ses savoirs. Et cela fonctionne apparemment bien pour les élèves qui avaient « décrochés » dans le système ordinaire alors pourquoi pas ?  En France, nous n’en sommes pas là, loin s’en faut ! Le 3 avril dernier, le député des Yvelines Jean-Michel Fourgous (UMP) a ainsi rendu à l’Assemblée Nationale un rapport intitulé « Apprendre autrement à l’ère du numérique » dont les conclusions sont accablantes. Dans le primaire, on en est ainsi encore à la phase d’équipement matériel des établissements avec seulement 1 ordinateur pour 10 élèves et un nombre de tableaux blancs intéractifs encore très insuffisants pour parler de généralisation (de l’ordre de la centaine il me semble sur tout le territoire). Du fait de ce retard, peu d’enseignants se soucient de modifier leurs manières d’enseigner pour intégrer ces nouveaux outils alors même que les élèves, qu’ont qualifient même des digital natives maintenant, sont eux habitués à les utiliser quotidiennement. Réduire ce décalage dans un avenir proche me semble être, non pas une option, mais une obligation si nous voulons que notre école permettent la réussite davantage d’élèves. En ce soir d’élections, je me permets donc de lancer cet appel : ne restons pas à la traîne dans ce domaine car, comme le disait déjà Edgar Quinet, « si l’école est en retard alors qu’elle devrait être le messager de l’avenir, alors elle n’a plus sa place » !