Ludovia,la e-éducation et du multimédia ludo-éducatif et pédagogique

   Un peu de publicité, ce soir, pour un site internet que j’ai découvert il y a quelques mois et qui m’a permis de bien cheminer dans mon projet de reconversion à long terme. Il se nomme Ludovia.com(marque déposée) et se définit comme un média on-line consacré à tout ce qui se fait en France comme à l’étranger en matière de e-éducation et d’application des technologies numériques dans le domaine de l’apprentissage, que ce soit à l’école ou dans le milieu professionnel. Extrêmement prolifique, ce site m’a permis de découvrir de nombreuses expériences éducatives intéressantes qui vont bien au-delà de la simple introduction de l’outil informatique dans une classe. Aux Etats-Unis, terre de tous les excès mais où il y aussi des initiatives qui font avancer le débat, certaines écoles réfléchissent notamment sur la gamification de l’enseignement : en très gros, il s’agit de s’inspirer des caractéristiques du jeu vidéo (un héros qui mène une quête et doit résoudre des énigmes pour passer au niveau supérieur) pour aider l’élève à acquérir plus de motivation et d’autonomie dans la construction de ses savoirs. Et cela fonctionne apparemment bien pour les élèves qui avaient « décrochés » dans le système ordinaire alors pourquoi pas ?  En France, nous n’en sommes pas là, loin s’en faut ! Le 3 avril dernier, le député des Yvelines Jean-Michel Fourgous (UMP) a ainsi rendu à l’Assemblée Nationale un rapport intitulé « Apprendre autrement à l’ère du numérique » dont les conclusions sont accablantes. Dans le primaire, on en est ainsi encore à la phase d’équipement matériel des établissements avec seulement 1 ordinateur pour 10 élèves et un nombre de tableaux blancs intéractifs encore très insuffisants pour parler de généralisation (de l’ordre de la centaine il me semble sur tout le territoire). Du fait de ce retard, peu d’enseignants se soucient de modifier leurs manières d’enseigner pour intégrer ces nouveaux outils alors même que les élèves, qu’ont qualifient même des digital natives maintenant, sont eux habitués à les utiliser quotidiennement. Réduire ce décalage dans un avenir proche me semble être, non pas une option, mais une obligation si nous voulons que notre école permettent la réussite davantage d’élèves. En ce soir d’élections, je me permets donc de lancer cet appel : ne restons pas à la traîne dans ce domaine car, comme le disait déjà Edgar Quinet, « si l’école est en retard alors qu’elle devrait être le messager de l’avenir, alors elle n’a plus sa place » !

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L’école, le numérique et la société qui vient

   Ce petit ouvrage, accessible pour la modique somme de 5E,  a tout d’un grand! Primo, il est constitué de plusieurs entretiens entre trois spécialistes unanimement reconnus pour leurs compétences intellectuelles : Denis Kambouchner, universitaire de renom, est l’un des tenants de » l’école républicaine » qui considère l’institution scolaire comme le lieu par excellence de la transmission du savoir et de la culture ; Philippe Meirieu est quant à lui le représentant le plus connu de la pensée « pédagogiste », laquelle place l’enfant  au centre du système ; Bernard Stiegler, enfin, est un philosophe spécialisé dans la pensée de la technique qui, bien que peu connu du grand public, intervient régulièrement dans les grandes conférences consacrées aux technologies numériques. Deuxio, ce petit ouvrage que l’on peut facilement lire en plusieurs fois, a aussi le mérite de synthétiser la plupart des grandes problématiques que pose l’omniprésence des technologies numériques dans la société actuelle. En effet, tout comme l’invention de l’imprimerie à l’époque des moines copistes, il semble que nous soyons en train de vivre un changement d’aire intellectuelle, à savoir le passage d’un » monde sur papier » à un « monde sur écran ». Cette évolution, rapide et mondiale, peut soit effrayer les tenants traditionnels du savoir, parmi lesquels les enseignants, soit les enthousiasmer du fait des nouvelles perspectives qu’elle apporte. Les trois auteurs s’interrogent donc sur les différentes manières d’accompagner cette mutation dans le cadre scolaire et notamment sur les moyens d’aider les élèves à dépasser la communication spontanée et immédiate dans laquelle certains usages du numérique peuvent enfermer. La question essentielle qui se pose au pédagogue est alors la suivante: comment permettre aux élèves d’accéder, par le numérique, ou malgré le numérique, à une parole «lettrée»? Comment les amener à devenir des «êtres de culture» (Meirieu)? Comment lutter contre une «prolétarisation» (Stiegler) qui déconnecterait les individus des savoirs qu’ils mettent en œuvre? Telles sont les principales problématiques abordées dans ce livre dont je vous recommande, vous lavez compris, vivement la lecture.