Et une pétition, une !

Bien qu’enseignante dans l’éducation nationale, je suis la première à reconnaître que notre système n’est pas parfait. En effet, au cours de mes sept années d’expérience professionnelle, j’ai pu constater certains dysfonctionnements majeurs qui me poussent régulièrement à m’interroger sur la poursuite, ou non, de cette carrière.

Tout d’abord, l’intégration ou plutôt la non adaptation actuelle du système aux enfants dits « différents » ou, en jargon EN, « à besoins spécifiques ». Certes, nous avons depuis quelques années une jolie loi qui oblige l’état à scolariser ces enfants (enfin !) mais, dans la pratique, la situation est complexe. D’une part, de nombreux collègues, sans doute parce qu’ils n’ont pas été « en contact » avec le handicap dans leur vie, ont peur de ces enfants. Comme ils n’arrivent pas à les faire progresser ou à les inclure à la vie de la classe, ils se disent que leur place est avec des enfants qui leur ressemble et souhaite donc sincèrement les orienter dans une classe spécialisée. Personnellement, pour avoir vu mon petit frère, autiste Asperger, orienté dans une CLIS D à partir du CP, alors qu’il avait les compétences intellectuelles pour poursuivre dans le système « classique » et qu’il ne faisait pas de « crise » en classe à l’époque, j’ai vu le gâchis qu’une telle logique pouvait provoqué pour certains enfants. Attention, je ne dis pas que l’orientation en CLIS est forcément inadaptée : simplement, elle ne doit pas être automatique car, à l’heure actuelle, n’ayant ni brevet ni bac, mon frère ne peut prétendre à aucun emploi (le CAT ou ESAT dans lequel il a fait un stage étant maintenant plutôt réservé aux personnes en difficultés sociales 😦 …) et est maintenant en foyer de vie alors qu’il rêvait de travailler « comme tout le monde ». D’autre part, sur le terrain, obtenir une AVS qui soit vraiment une aide pour l’enfant et non une personne elle-même en difficulté sociale est parfois compliquée. Je connais ainsi des parents qui se sont battus jusqu’au mois d’octobre pour obtenir quelqu’un de bien et, malheureusement, uniquement quelques heures par semaine.

Dans mes classes, je me suis souvent « battue » pour ces élèves. L’un, diagnostiqué autiste par l’ITTAC et pour lequel j’avai défendu l’idée d’un passage au CP, est aujourd’hui en CM1 avec AVS et tout se passe bien. L’autre, probablement à haut potentiel ou surdoué en langage courant, est aujourd’hui en GS dans une autre école que celle où j’exerçais à l’époque et il n’est plus ni marginalisé ni sans cesse rabroué par le corps enseignant (être obligé de conseiller en OFF de changer un enfant d’école parce que les collègues sont étroits d’esprit, je trouve cela lamentable…). Un troisième, enfin, est encore dans ma classe et même s’il a du mal à rester sur sa chaise toute une journée (je soupçonne une hyperactivité mais, étant donné le suivi actuel par CMP et RASED, je ne vais pas lui « coller » une autre étiquette), il progresse a son rythme de CE1 pas très attentif en classe mais capable de s’améliorer avec une aide de l’adulte.

Voilà, pour toutes ces raisons, je vous invite à signer la pétition suivante, faite par un collègue à la retraite dont vous pourrez lire les travaux sur le site en lien : http://appelecolesdifferentes.blogspot.fr/

Cela ne fera peut-être pas bouger l’Etat mais, si cela pouvait permettre de créer des écoles différentes et gratuites pour tous avec des enseignants membres de l’éducation nationale, ce serait déjà un grand pas. Surtout, cela me permettrait aussi de ne pas avoir à réfléchir sur le sujet de quitter ou non l’EN dans les années à venir pour rejoindre une école axée sur des pédagogies plus officieuses comme celle de Maria Montessori qui fut, excusez moi du peu, nominée trois fois pour le Prix Nobel de la Paix de son vivant…

mariachild

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Bébé a maintenant 6 mois, et c’est bien mieux pour nous !

Et oui, le temps passe… et il file même deux fois plus vite maintenant que notre princesse toute mignonne mais à forte tendance esclavagiste partage notre quotidien ! Il y a deux semaines (déjà), nous avons fêté ces six mois et ce fut l’occasion pour nous, jeunes parents, de dresser le bilan de notre nouvelle vie à 3. Par rapport aux premiers mois qui ont suivis la naissance, nous avons constaté une indéniable évolution que je résumerais en ces quelques mots : notre statut de parents est beaucoup plus facile à vivre aujourd’hui. Primo, nous avons pris confiance en nous, et ce d’autant plus facilement que notre bébé n’est plus cet être fragile des premiers mois qu’il fallait manipuler avec précaution et qui se réveillait plusieurs fois par nuit pour réclamer à manger ou à être bercé. Deuxio, notre bébé a évolué lui aussi : les nombreux pleurs sans raison apparente qui emplissaient la maison pendant des heures et des heures ont peu à peu disparus (« ce sont les coliques ma petite dame et c’est très dur à vivre pour les parents », me disait-on, mais cela n’aide pas un couple de parents épuisés à prendre du recul : mieux vaut lui proposer de garder l’enfant quelques heures pour qu’ils puissent aller se ressourcer). Plus sereins, nous avons pu être davantage attentifs à ses demandes et nous avons appris peu à peu à le connaître afin de répondre au mieux à ses besoins, qu’ils soient bassement terre à terre (« j’ai faim ») ou plus complexes (« j’ai envie de dormir maman mais je veux encore jouer »). Enfin, et c’est sans doute l’évolution la plus importante que tout parent attend avec impatience, notre bébé s’est mis à faire ses nuits ! De 21h à 6h dans un premier temps (en janvier), puis de 20H à 7h et de 19H30 à 7H actuellement. Je l’avoue bien volontiers, ce dernier point a tout changé pour nous car, n’étant plus sur les rotules pendant la journée, nous avons pu prendre davantage de temps pour jouer et donc passer des moments plus agréables. En outre, cela correspondait à un stade de développement pendant lequel l’enfant est aussi à la recherche d’interactions avec ses proches donc, des deux côtés, les échanges se sont vite avérés très riches. Enfin, et c’est le dernier point sur lequel je terminerai cet article, nous avons recommencé à sortir, que ce soit moi seule avec le bébé pendant la semaine, ou tous les trois le week-end. Avec un nouveau-né qui pleurait beaucoup,  j’avais tendance à m’isoler car toute activité me paraissait compliquée et ce quand bien même les gens chez qui je devais aller étaient très compréhensifs (je pense à la sage femme pour la rééducation par exemple : certes, le bébé qui pleurait ne la dérangeait pas mais, pour moi, difficile de travailler correctement sachant que je ne pourrai pas aller le consoler tout de suite). Maintenant, et ayant par ailleurs fait l’acquisition d’une voiture, je me déplace énormément avec ma princesse et si elle pleure, ce n’est pas grave : soit la cause est évidente (faim, peur, fatigue ou couche sale) et j’y remédie au plus vite, soit elle l’est moins et je relativise au maximum sa colère pour l’aider à passer à autre chose (j’ose prétendre être devenue une experte en ruse de sioux pour détourner son attention). Voilà, maintenant, je peux donc enfin l’écrire : être parent, c’est aussi beaucoup de bonheur pour un jeune couple !!!