Pourquoi les enseignants de l’Education Nationale font-ils grève ?

index-260x160Aujourd’hui, jeudi 15 mai 2014, je n’étais pas devant mes élèves de CE1-CE2. Ce matin, je participais à la manifestation  pour défendre les conditions de travail dans le le service publique et,  cet après-midi, j’étais devant mes piles de cahiers à corriger. Comme beaucoup semblent encore penser qu’être fonctionnaire dans l’Education Nationale, c’est avant tout la stabilité de l’emploi, les fameuses vacances dont on nous rabat les oreilles à longueur d’années et uniquement les horaires de présence devant les élèves, voici humblement ma petite expérience en tant que jeune enseignante.

Tout d’abord, sache cher lecteur que je fais partie de ceux qui se sont engagés dans ce métier par choix ou vocation comme on dit aussi. Très tôt, j’ai été attirée par le domaine éducatif non pas pour les vacances scolaires ou la stabilité mais pour sa polyvalence et son importance quant à la préparation de l’avenir de notre société. Je voulais agir, à mon niveau individuel, pour que nos enfants est une tête »bien faite » avant d’affronter les difficultés de l’âge adulte. Certes, de part notre expérience familiale avec mon frère autiste, j’avais tout à fait conscience de la nécessité de faire évoluer aussi cette institution pour qu’elle accueille vraiment tous les enfants et s’adapte à leurs spécificités mais, avec l’évolution des lois, je croyais vraiment cela possible avec du temps et des moyens humains (ceux-ci ne sont pas là aujourd’hui encore mais c’est un autre sujet). Tout au long de mes études supérieures (classe préparatoire littéraire puis master d’Histoire et métiers du livre), j’ai persévéré dans mon projet. Plusieurs formateurs m’ont alors parlé de manque d’ambition intellectuelle en me conseillant, plus ou moins délicatement, de viser plutôt un CAPES ou une agrégation. Pour les non-initiés, cela voulait dire enseigner plutôt à des adolescents en collège ou lycée mais, entêtée que je suis, je leur ai répondu que le public adolescent ne m’intéressait pas et que je n’allais tout de même pas choisir d’enseigner dans le second degré uniquement pour la reconnaissance sociale ou les horaires ! Aussi, après un petit stage en bibliothèque universitaire pour être sûre de ne pas avoir de regrets de ce côté là, j’ai pris la direction de l’IUFM de Bourg-en-Bresse afin de me préparer au concours de professeur des écoles. En septembre 2006, je fus reçue et, au bout d’un an de formation, enfin titularisée en tant qu’enseignante de l’Education Nationale. Qu’en est-il de mes idées sept ans après, maintenant que je suis à l’intérieur de cette grande maison ?

Au niveau de la stabilité de l’emploi, tout d’abord, sachez qu’au cours de mes sept années d’exercice, j’ai changé d’écoles et de niveau tous les ans. Ce n’est ni un choix ni la conséquence de mauvaises notes en inspection, par exemple, mais le résultat de la politique du Ministère de l’Education Nationale en terme de gestion des ressources humaines. Pour faire très simple, on a recruté à mon époque un certains nombres d’enseignants sur concours mais on a en parallèle fermé des classes. Du coup, ce qu’on appelle le « mouvement des enseignants » qui recouvre en fait leur nomination sur tel ou tel poste, a été paralysé : lorsqu’on fermait une classe de tout petit, par exemple, les collègues concernés recevaient légitimement une telle bonification qu’ils prenaient les seuls places encore disponibles à titre définitif si bien que j’ai découvert alors qu’il me faudrait sans doute attendre plusieurs années avant d’avoir vraiment une classe. Comme la plupart de mes collègues de promotion, j’appris ainsi ce qu’on allait faire de moi après la rentrée de septembre car, comme les créations de classe sont décidées une fois la rentrée passée, certains postes sont alors de nouveaux disponibles pour les enseignants en attente d’affectation. (Malheureusement, ces nouvelles nominations sont à titre provisoires et, même si la même classe est disponible l’année d’après, il n’y a pas de priorité pour que l’enseignante reste l’année d’après et assure une certaine continuité auprès des parents}. Surtout, ces affectations  pour un an sur des ouvertures de classe (ce qui veut dire pas de matériel présent et tout a commander et installer alors qu’on débute dans le métier) ne sont pas suffisantes pour « absorber » l’ensemble des enseignants rester en surnombre si bien que plusieurs de mes connaissances se sont retrouvées obligées de faire des remplacements par ci par là pendant un an, en apprenant souvent le matin même où elles étaient envoyées. Je vous laisse imaginer à quel point il peut être inconfortable, lorsqu’on aime le travail bien fait et que l’on a pas encore vraiment d’expérience derrière soi, d’arriver dans une école dans ces conditions pour prendre une classe et enseigner aux élèves…

En terme d’engagement en tant que fonctionnaire pour assurer un service public, je pense aujourd’hui que ce terme ne recouvre plus grand chose non pas à cause des enseignants qui essaye de faire du mieux qu’ils le peuvent en faisant très souvent des heures bénévolement pour leurs élèves mais à cause de la même logique comptable qui régit désormais tout le système. Concernant les remplaçants, par exemple, il a été décidé pour faire des économies de diminuer très fortement le corpus d’enseignants initialement prévu et de recourir plutôt à des vacataires extérieurs. Ces derniers, s’ils ont certes beaucoup de bonne volonté et souvent une licence, n’ont reçu aucune formation pédagogique et sont embauchés pour des durées déterminées ce qui coûte bien moins cher à l’Etat. Malheureusement pour ce dernier, c’est encore un métier que de s’occuper toute la journée de classes entières pour les amener à entrer dans de réels apprentissages ! Du coup, il y a aujourd’hui en France une vraie pénurie de remplaçants si bien que quand un enseignant est malade, ce qui arrive à tout le monde, les 30 familles des dits enfants et les collègues restant se retrouvent obligés de trouver une solution alternative pour se répartir ou faire garder les élèves. Dans la même veine des décisions très discutables prises ces dernières années pour faire plus d’économies, les effectifs des RASED -Réseau d’Aide Spécialisée auprès des Enfants en Difficulté- ont été très fortement diminué alors que les élèves qui en ont besoin sont toujours là. Concrètement, cela venir qu’on ne peut plus proposer pour ces enfants l’aide, gratuite et sur le temps de classe, d’un psycholoque scolaire, d’un enseignant formé pour les problèmes de comportement en tant qu’élève et d’un second spécialisé dans les apprentissages. Si on se débrouille malgré tout pour donner le meilleur à ces élèves, comment aider spécifiquement ces élèves particuliers sachant que, dans le grand groupe, ils sont souvent en difficulté ou dans la provocation permanente ? Il y a la fameuse aide personnalisée, qui n’est ni plus ni moins que du soutien une ou deux fois par semaine mais, au vu des besoins, cela équivaut à mettre un pansement sur une jambe de bois…

Enfin, il y a surtout toutes ces heures de travail « bénévole » pour l’Etat qui me prennent de plus en plus de temps au fil des ans. Je m’explique : en dehors des 24 heures de présence devant élèves, il y a évidement des réunions pour monter les projets, rencontrer les familles, préparer les fêtes d’écoles, comptabiliser l’argent des photos etc… Surtout, il faut tout justifier pour notre hiérarchie avec, pour chaque jour, un emploi du temps détaillé de la journée qui explique les objectifs de chaque séance, la durée, le matériel et les étapes du déroulement. Sur une journée, cela représenter environ 8 séances alors, si on multiplie par 4 et par le nombre de semaines travaillées dans l’année, je vous laisse imaginer toute la paperasserie que j’imprime chaque année. Bien sûr, il ne me viendrait pas à l’idée d’arriver en classe sans note ou de partir à 16h30 pétantes sous prétexte que j’ai déjà fait mon quota officiel de réunions ou de paperasse administrative mais, en plus d’une vie de famille, tout ce travail invisible est lourd d’où mes coups de gueule quand on vient me dire que les enseignants qui se plaignent sont des fainéants. De plus, dans le premier degré, je précise que nous n’avons pas la possibilité de faire reconnaître tout le temps passé en plus à l’école comme des heures supplémentaires (et donc rémunérées que ce soit sous forme pécuniaire ou de temps à récupérer comme dans certaines entreprises). Nous n’avons pas non plus de primes en-dehors de  notre salaire, ni de ticket restaurant ou d’avantage négociés par un comité d’entreprise, si bien que le gel de notre point d’indice depuis 4 ans et pour encore plusieurs années signifie concrètement la poursuite d’une baisse de notre niveau de vie. Enfin, si on compare avec les autres pays européens, les enseignants français sont moins bien rémunérés d’où une certaine lassitude quand, de réforme en réforme, on nous demande de changer nos horaires, nos manuels, nos programmes etc…

Au jour d’aujourd’hui, j’aime toujours mon métier mais je ne sais pas où je travaillerai l’an prochain ni avec quel niveau scolaire. Je ne sais pas non plus quels seront mes horaires compte tenu de la réforme des rythmes et de son application différente selon les communes. Pour toutes ces raisons, j’ai fait grêve aujourd’hui car, même si cela m’embête pour mes élèves, ne rien faire participerait à la dégradation de leurs conditions d’accueil. J’espère ne pas le refaire mais, malheureusement, je ne me fais plus beaucoup d’illusions quand à  l’évolution du « plus beau métier du monde »…

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Bébé part en vadrouille, suite et fin.

Avant que les vacances ne soient plus qu’un lointain souvenir dans nos esprits, voici la suite de l’article Bébé part en vadrouille, épisode 1, dans lequel je vous donnais mes cinq astuces pour voyager sereinement avec bébé. Aujourd’hui, toujours sans vouloir donner de leçons à personne, je voudrais vous faire part des 5 objets qui nous ont le plus été utiles pendant cette période de « délocalisation familiale ».

1 ) Le porte-bébé préformé. En vacances, nous avons du faire face à toutes sortes de terrains : plage sableuse, côtes rocheuses, galets, sentiers de randonnée abruptes, villes touristiques surpeuplées etc. Du coup, la poussette n’était pas forcément adaptée au transport de bébé à certains moments si bien que nous avons investi dans un porte-bébé préformé de type manduca(marque déposée). Personnellement, en tant que maman porteuse, ce modèle m’a beaucoup plu. Mini-puce était très à l’aise (elle n’a ni pleuré, ni cherché à s’enfuir une fois installée dedans 🙂 ) et mon dos ne me faisait pas souffrir à la fin de la journée. Bonus, de nombreuses personnes m’ont interrogé sur ce mode de portage si bien que cela nous a permis de faire aussi de belles rencontre. Je le recommande donc vivement aux parents partant en vacances !

2) Le siège de table qui se clipsent à la table. Mini-puce étant encore trop petite pour s’assoir sur un siège de table gonflable, nous nous sommes fais prêter le modèle rigide qui s’accroche à la table afin d’éviter d’avoir à emporter la chaise haute. Bilan de la semaine : même si je n’étais pas très rassurée au début de voir ma fille avec les jambes pendouillant dans le vide, le système s’est avéré efficace et mini-puce l’a aussi validé. Attention toutefois, avec les enfants bougeons, ne pas les laissez trop longtemps car ils mettent les fixations à mal …

3) La piscine gonflable. Quand vous ne pouvez pas sortir de la maison avant 16h30 pour cause de canicule, cet accesoire devient vite indispensable pour « tremper » bébé de temps à autre. Personnnellement, nous avions opté pour un modèle canard géant gonflable déniché dans un dépot vente, modèle qui a été largement plébiscité par mini-puce car elle prenait en moyenne trois bains par jour dans sa piscine privée.

4) La bouée gonflable spéciale tout-petit. Si vous la chance d’aller dans un endroit où il est possible de se baigner (que ce soit dans une piscine, dans la mer ou dans un lac) et que votre bébé ait entre 6 et 18 mois, il y a fort à parier qu’il ait besoin de cet accesoire pour se baigner tranquile. Bien sûr, certains bébés peu rassurés dans l’eau préféreront les bras de leurs parents mais, si le vôtre est très à l’aise, cela lui permettra de se déplacer en toute liberté pendant que vous pourrez faire quelques brasses à ses côtés.

5) Enfin, dernier objet qui nous a beaucoup servi, les écoute-bébé. Comme les soirées se terminaient souvent fort tard sur la terrasse de notre lieu de vacances, ils se sont avérés bien pratiques pour surveiller le sommeil de mini-puce sans avoir à faire régulièrement des allers-retours entre la table et sa chambre. Personnellement, nous avons choisi un modèle tout simple, sans vidéo ni vibreur, mais qui était entièrement suffisant pour quinze jours de vacances.

Voilà, la page des vacances est désormais tournée avec cet article mais n’hésitez pas à le commenter pour faire vivre le blog ^^

Bébé part en vadrouille, épisode 1

Chers lecteurs,

après quelques semaines de pause pour cause pêle-mêle de recrutement de nounou, de surveillance intensive de minipuce depuis qu’elle se déplace à quatre pattes et de vacances en famille, j’ai envie de vous parler des départs en voyage avec bébé. En effet, en tant qu’apprentis-parents, mon chéri et moi avons appris beaucoup de cet été et je souhaiterai vous les faire partager :

1) Un bébé ne voyage pas léger (on s’en doutait me direz-vous mais là, nous en avons eu la preuve flagrante quand nous avons du caser l’ensemble de nos bagages dans le coffre de la 206. Hormis le lit parapluie et la poussette qui prenne déjà beaucoup de place, il faut penser au sac pour le repas (la malette de transport du babycook est top d’ailleurs pour celles qui l’utilise) mais aussi à l’anneau de bain, aux vêtements, aux produits cosmétiques divers et variés, aux joujoux etc. Si bien qu’au final, nous avons du faire rentrer nos propres effets à tous les deux dans une petite valise cabine si nous voulions nous glisser dans le véhicule sans avoir à trop nous contorsionner.

2) Un bébé ne dort pas beaucoup plus que d’habitude en voiture donc, pour éviter un départ trop stressé, mieux vaut le prévoir pour l’heure de sa sieste. Ainsi, il dormira pendant le début de la route, ce qui vous permettra de souffler un peu après le chargement des valises du point numéro 1.
3) Un bébé peut très vite devenir anxieux en vous voyant faire des tas d’allers retours de votre appartement à la voiture. Ici, lors des préparatifs pour l’aller, minipuce  semblait avoir peur que nous partions sans elle donc, pour les retours, nous avons opté pour la solution de charger la voiture pendant qu’elle dormait. Ce fut en plus beaucoup plus efficace car elle ne zigzaguait pas dans nos jambes du coup.
4) Un bébé a besoin de faire des pauses souvent : au moins toutes les deux heures voir plus en cas de canicule. En outre, pour ceux qui ont le modèle qui ne tiens pas en place comme la nôtre, il faut prévoir une grande couverture pour qu’elle puisse se dérouiller les jambes sans marcher dans les diverses déjections canines qui ornent le moindre carré d’herbe dans les aires d’autoroute. A l’occasion de cet arrêt, bébé a aussi besoin d’être changé : mieux vaut choisir une aire de grande taille pour être sûr qu’ils auront une table à langer sinon, c’est système D obligatoire. Il aura aussi envie de boire, de grignoter, d’observer les autres vacanciers … donc prévoyez au minimum 20 minutes par pause si ce n’est 30 en cas de repas (d’où, pour un trajet de 10 heures comme le nôtre cette année, 2H30 de pauses en plus…).

5) Prévoyez un maximum « d’animations » pour occuper le bébé lorsqu’il sera réveillé. En vrac, nous avons testé les comptines (mention spéciale pour « y a qu’un cheveu sur la tête à Matthieu » que nous connaissons par coeur maintenant), les onomatopées, les grelots à agiter, les gâteaux à grignoter et divers jouets que nous ne déballions qu’un par un à la fin de chaque pause pour que bébé puisse ensuite l’explorer sous toutes les coutures jusqu’à l’arrêt suivant.

Voilà, celles qui se demandaient comment se passait un voyage avec un bébé sont maintenant prévenues. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit et attends avec impatience de lire vos réactions.